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27 mai 2023

"Décrocher la lune" (une expression au pied de la lettre)

 BOOOOM !

- Oh... Oh.... Oooh meeeeerde.....
-Qu'est ce que... Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ???
-Euuuh.... Alors tu vas rire...
-Mais c'est quoi ce truc lumineux au milieu de la rivière bordel ?!? C'est ... c'est... Oh putain...
-Hum... C'est la lune.
-La LUNE ?!? Sérieusement mec !
-Nan mais... euh... moi je pêchais juste peinard hein. Tu sais comme j'ai un crush sur Armand là, avec ces beaux yeux noirs, ses cheveux soyeux... son torse d'apollon... son magnifique petit...
-Oui oui, je sais que tu "crushes" sur Armand. TOUT LE MONDE sait que tu crushes sur Armand. Le seul qui l'ignore... C'est Armand. D'ailleurs à ce stade j'appelle plus ça un crush moi...
-Hein ? Tout le monde sait ?
-Mec, tu le regardes avec des yeux de flétan crevé dès que tu le croises...
-Même pas vrai... Enfin en parlant de flétan, Madame Michu m'a dit, comme ça, je sais pas pourquoi, qu'Armand adoooore les poissons. Du coup... ben... je pêchais pour lui faire un cadeau. Sauf que euh... j'avais pas vu que la Lune était si basse ce soir et euh... ben j'ai lancé ma ligne sauf que l'hameçon s'est pris dans la Lune.
-Oh misère... Mais c'est pas vrai...
-Nan mais aussi, moi je pensais que c'était du solide ce truc, bien accroché là-haut et tout ! Un astre millénaire comme ça. Mais que dalle, une vraie camelote ! Donc moi je voulais juste récupérer mon hameçon. Rapport que bon, j'avais toujours pas de poisson à offrir à Armand moi ! Donc bon ben... je tire, je tire, je tire... et paf ! Je décroche la lune ! Mais j'ai pas fait exprès moi !
-Bon... Ca va être compliqué pour la remettre là-haut...
-Bah... elle disparait toujours à un moment, et elle réapparait le lendemain. Donc elle va y retourner toute seule non ? Mais en attendant... J'en fais quoi ? C'est gros et ça fait plein de lumière. Et en plus j'ai toujours pas de cadeau pour Armand moi...
-Mais... La voilà la solution !
-Quoi ça ?
-Tu l'offres à Armand ! Tu lui déclares ta flamme et tu lui dis que tu as été jusqu'à décrocher la Lune POUR LUI !
-Tu... tu crois ? Mais... c'est pas un peu... mentir ?
-Bah... c'était bien pour lui que tu pêchais non ?
-Ben oui.
-Donc... d'un certain point de vue... c'est vrai non ?
-Vu comme ça... J'y avais pas réfléchi. Mais t'es sur que ça va lui plaire ?
-Sur ! Regarde comme elle brille ! C'est super joli ! Ca fera une très belle déco pour son jardin.
-C'est vrai qu'il aime les belles choses Armand...
-Allez, je t'aide à la faire rouler jusque chez lui et je t'encourage pour lui parler !
-Je... je... Je...
-Y A PAS DE "JE JE JE" QUI TIENNENT ! Trois ans que vous vous tournez autour. Ca commence à bien faire ! Allez on y va !

23 avr. 2023

Allyr (Character design 44)

 

source : https://www.artstation.com/artwork/g8KERm


Allyr releva la tête au bruit soudain. Un groupe d'oiseaux avaient pris leur envol, bruyamment, affolés. Quelque chose les avait inquiété. La jeune femme aux yeux d'ambre les observa, puis porta son attention sur les alentours de la source. Elle venait d'y refaire le plein de sa gourde. Il lui fallait ramener du gibier au village. Mais ce comportement anormal des oiseaux l'alertait. La frontière n'était pas loin. Les Guetteurs avaient rapportés des mouvements sur les terres orques. Leurs voisins n'étaient pas du genre à chercher querelle. Mais les temps étaient troublés. On ne parlait pas à une simple chasseuse comme elle de ce genre de chose mais elle n'était pas idiote. Elle voyait les regards soucieux, les mines renfrognés. Elle avait remarqué que les gardes affûtaient leurs armes, les artisans taillaient plus de flèches que nécessaire. Silencieusement, son pays semblait se préparer à un conflit. Les marchands ambulants aussi, n'affichaient plus leur air jovial habituel.

Elle reboucha sa gourde et la raccrocha à sa ceinture. Elle se releva souplement et commença à marcher à pas feutrés vers la forêt. Elle savait que peu de Guetteurs se postaient dans les alentours. Trop d'arbres, trop peu de visibilité. Aussi discrète qu'une ombre, elle se faufila entre les branches, aux aguets, à l'affut du moindre mouvement, du moindre bruit. Le bruit... cela la frappa soudainement. la forêt était silencieuse, si silencieuse, trop silencieuse.
Elle sentait l'inquiétude monter en elle. Quelque chose n'allait pas. Et personne d'autre qu'elle ne venait dans les parages. C'était SA zone. Elle installa son arc à sa fixation dans son dos. En cas de besoin, il ne lui faudrait qu'un instant pour s'en servir et encocher une flèche. En espérant avoir cet instant. Elle commença à courir à petite foulées entre les troncs. Elle trotta ainsi plusieurs minutes, s'arrêtant régulièrement pour écouter attentivement.  Mais non, toujours ce silence de mort l'entourait. Elle recommença à avancer, plus prudemment, de plus en plus précautionneusement au fur et à mesure qu'elle approchait de la zone d'où étaient partis les oiseaux.

Soudain, elle se figea. Elle avait enfin entendu quelque chose. Des voix. Le bruit d'une hache contre un arbre. Elle se fit la réflexion qu'ils n'étaient pas très discrets, ces intrus. Qui étaient-ils ? Elle grimpa dans un arbre et passa de branches en branches pour mieux voir. Elle entendait des voix qui parlaient une langue inconnue, chantante, flutée. Elle arriva finalement à portée de vue d'une grande clairière. Prenant soin de rester cachée dans les ombres, elle observa, les yeux écarquillés. Il y avait là des êtres tels qu'elle n'en avait jamais vu. Grands, minces, les cheveux jaune comme du miel de printemps, les yeux clairs et... les oreilles pointues. Ils étaient armés d'arcs, de lances, d'épées. Ils portaient des vêtements ocres, verts, marrons, qui leur permettraient de parfaitement se dissimuler presque partout où ils iraient. Ils avaient des prisonniers orques en piteux état qu'ils obligeaient à travailler. Elle était horrifiée de ce qui se présentait devant elle. "Le village" pensa-t-elle soudain. Elle devait absolument prévenir le village. Elle pivota et commença à faire demi-tour. Son coeur battait la chamade, ses mains étaient moites d'angoisse. Elle réalisa brutalement qu'elle n'avait pas simplement peur, elle était terrorisée. Dans son dos, elle entendit un bruit de coup et le cri de douleur d'un orque. Déconcentrée, elle ne vit pas que la branche sur laquelle elle posa la main était pourrie. Le bois céda dans un craquement sourd avant que la branche ne tombe au sol. Elle se figea et regarda derrière elle. Des éclats de voix, des signes d'alerte. Elle était repérée. Elle fila aussi vite qu'elle le pouvait tandis que derrière elle, les créatures étranges commençaient à lui donner la chasse.

1 avr. 2023

Colère (Character design 43)

Source : https://www.instagram.com/

 


 "Rendez le moi !"
La voix avait claqué, forte, mais tremblante. Le groupe de gamins prit la fuite en riant, agitant leur trophée bien pour provoquer leur victime.
Elle se lança à leur poursuite, ses pieds nus claquant dans l'eau du ruisseau. Sans qu'elle sache comment ni pourquoi, l'eau se mit à lui dégager un chemin, des goutellettes commencèrent à tourbillonner autour d'elle. La rivière s'écartait et même l'accompagnait.
Dans sa colère, elle mit la main à sa ceinture. Dans un éclair, des brindilles apparurent entre ses doigts. En un instant, leur extrémité s'enflamma.
Des larmes de rage volaient autour de son visage. Elle hurla de nouveau "RENDEZ-LE-MOI !"
Certains enfants tournèrent la tête dans sa direction. Leurs moqueries moururent sur leurs lèvres. A la place, un hoquet de surprise et de peur leur échappa en voyant la furie qui leur courait après.
Paniqués, ils commencèrent à s'égailler avec des cris qui, de joie, étaient passés à la terreur.
Alertés, les adultes arrivèrent et restèrent interloqués face à cette petite rouquine, enragée, entourée d'eau et de feu, qui hurlait sa rage à plein poumons.
Provoquer l'apprentie du chaman n'était JAMAIS une bonne idée. Plus jamais on ne lui subtilisa ses affaires.

 

 

 

 

 

28 mars 2023

Sauves (Mercredi Character Design 42)

Source : https://www.deviantart.com/sylessae

 

    Le soleil... enfin. Combien de temps, combien de jours sans l'avoir vu, sans avoir ressenti sa chaude caresse sur ma peau. Je ne sais pas. J'ai perdu le compte. Sa lumière m'éblouit. Mes yeux avaient oublié l'éclat que le jour peut avoir. Je suis obligée de fermer les paupières, les pupilles douloureuses de trop de clarté soudaine.
La liberté. La liberté, enfin... vraiment ? J'ai du mal à y croire. Cela fait si longtemps. Ma peau porte les traces de ma captivité dans ses boyaux terreux, puants, putrides. Autour de moi des rires et des pleurs résonnent. Tous mes anciens compagnons et compagnes d'infortune peinent à réaliser que l'enfer est fini. Les soldats qui nous ont libéré nous guident vers un campement, aident les plus faibles d'entre nous à marcher. 

Ainsi, le Royaume est réellement venu à notre rescousse ? Je n'y croyais pas, n'y croyais plus. Nous n'étions qu'un misérable groupe d'orcs et d'humains mêlés dont ils n'avaient aucune raison de se préoccuper. Je serre toujours dans ma main la petite menotte de l'enfant que j'ai pris sous mon aile à son arrivée dans notre bagne sous-terrain. Je finis par réussir à entrouvrir un peu plus les yeux, paupières plissées. Nous sommes dans un sous-bois. Je respire, savoure l'odeur de l'humus. Je remarque seulement à ce moment là, le regard des soldats sur moi et l'enfant : un mélange de surprise et de méfiance. Je la regarde à mon tour, lui souriant doucement. Elle sanglote d'épuisement, de peur, d'incompréhension. Je m'accroupis devant elle et la tiens serrée contre moi, souhaitant de toutes mes fibres la protéger de quoi que ce soit qui oserait venir la menacer. Moi, épuisée, sale, qui n'était encore qu'une esclave il y a quelques heures. Elle se réfugie contre moi et pleure à gros sanglots, laissant s'évacuer les tensions qu'elle a accumulé pendant ses journées de captivité.

Je vois un homme s'approcher, un soldat. Son armure est différente, réhaussée d'argent. Probablement un gradé. Il s'arrête à deux pas de nous et met un genou en terre devant l'enfant. Soudain, tous les soldats présents se tournent face à nous et l'imitent. Je ne comprends pas. Je vois ces hommes forts, fiers, nos sauveurs, baisser la tête respectueusement devant l'enfant qui s'agrippe à mon cou. Je caresse tendrement ses cheveux sans parvenir à saisir ce qui se passe devant moi. 

L'officier relève la tête. Son regard croise le mien. Est-ce réellement de la gratitude et du soulagement que je lis dans ses yeux ? Il porte son attention sur l'enfant qui l'ignore toujours. 

"Les Esprits soient loués, nous vous avons retrouvé à temps... Votre Altesse."

Je me fige, incrédule, l'enfant toujours blottie contre moi, couverte de crasse, affamée. Les larmes ont creusées des sillons sur ses joues. Je tiens dans mes bras, je sui en train de réconforter... la fille héritière du Royaume.