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22 oct. 2022

De la terre aux nuages : Où l'on apprend à sauter en parachute

    Je ne sais pas combien de temps nous sommes rester enfermés dans cette cellule, au fond de ce cuirassé volant gigantesque. Mais à un moment, nous avons commencé à entendre des explosions à l'extérieur. Le cuirassé essuyait une attaque. De là où nous étions, impossible de savoir par qui, et à quel point nous étions en danger. Jusqu'à ce qu'une explosion ne détruise une partie de notre prison. Le souffle nous a repoussé tous les quatre à l'autre bout de la cellule. Mamoru s'est malheureusement retrouvé pris dans un tourbillon d'air brûlant qui l'a blessé à la jambe et au bras gauches. Mais notre cellule était désormais ouverte et c'était le chaos autour de nous, personne ne faisait attention à ce que notre groupe entreprenait. C'était notre chance de nous évader. A un détail près : nous étions à des centaines de mètres du sol. Il nous fallait un moyen pour sortir de là et de survivre. 
  
Ayuko a entendu le vrombissement de plusieurs moteurs d'avions et des bruits coups de feu, très nombreux. Nous avons réussi à nous faufiler par les couloirs et nous nous sommes abrités dans une pièce déserte. Il s'agissait de la pharmacie du cuirassé et j'en ai profité pour m'emparer d'une valise de matériel de soin. Vu l'état de Mamoru, si on survivait, cela nous serait indispensable. Lors de notre arrivée dans le cuirassé, Mamoru avait réussi à observer et se repérer dans les couloirs. Grâce à lui, nous avons fini par retrouver un hangar, vide de tout avion. A ce moment là, nous avons entendu un bruit aigu, assourdissant, qui se rapprochait. Nous avons juste eu le temps de nous planquer contre les murs avant qu'un avion militaire n'atterrisse en catastrophe, passant pas loin du crash. Mais il s'est arrêté avant d'enfoncer le mur. J'avais repéré des sacs de parachutes et des masques. Mais il nous fallait désormais contourner l'avion pour les atteindre. Le pilote devait etre en mauvais état car nous ne l'avons pas vu sortir. Ayuko a décidé d'aller voir l'avion pendant que nous récupérions les équipements.

    Par la porte ouverte du hangar, nous voyions que le cuirassé perdait de l'altitude, et bien trop vite ! En dessous de nous, on pouvait apercevoir la frondaison de la grande forêt qui envahissait petit à petit le Japon. Nous n'avions pas le temps d'hésiter, il fallait sauter. Nous avons mis les sacs de parachutes comme nous pouvions, resserrant les sangles et vérifiant les boucles. Nous avons échangé un regard, puis nous avons sauté, avant que le cuirassé ne soit trop bas pour que les parachutes ne nous soient d'une quelconque utilité. Je ne sais par quel miracle, nous avions tous mis correctement notre équipement et tous les parachutes se sont ouverts comme prévu. Par contre, balottés par les courants d'air, nous nous sommes éloignés les un de autres. J'ai eu de la chance et j'ai atterri sans trop de difficulté. Mais j'étais seule. Tant pis, il fallait prendre le risque. Tout en fourrant le parachute dans son sac, j'ai appelé mes compagnons et Sheeta. Seule cette dernière m'a répondu et j'ai pu la retrouver. Son parachute s'était coincé dans des branches. Heureusement, elle pendait, impuissante mais proche du sol et j'ai pu la libérer. Elle avait eu le temps d'apercevoir la direction dans laquelle les garçons semblaient partis pour atterrir aussi nous nous sommes mises en route à leur recherche. Nous avons retrouvé Mamoru, inconscient, après quelques minutes d'une marche difficile dans cette forêt étrange. Il était vraiment dans un sale état et nous n'avions pas eu le temps de soigner ses brûlures. Vu l'environnement dans lequel nous nous trouvions, j'avais peur que tout cela ne s'infecte. Heureusement, j'avais réussi à garder la valise volée dans l'infirmerie. Je n'y ai pas trouvé grand chose mais tout de même de l'alcool, des bandages et une paire de ciseaux ainsi que quelques comprimés d'antibiotiques. A court d'idée, je n'ai pas eu d'autre choix que de désinfecter ses blessures à l'alcool. Il a hurlé de douleur et a repris connaissance pendant que je finissais les bandages.
    Mais nous avions fait trop de bruits, et nous avons entendu quelqu'un arriver. Nous avons tout juste eu le temps de nous cacher dans des buissons avant qu'un soldat n'arrive dans la clairière, armé. Nous avons pu l'espionner tandis qu'il parlait avec ses supérieurs à l'aide d'un talkie. L'armée était à notre recherche. Ou plus exactement, à la recherche de Sheeta. Comment ce soldat a pu ne pas nous remarquer, avec le parachute de Mamoru qui pendouillait lamentablement des arbres, je ne me l'expliquerai jamais. Mais il a fini par repartir. Quand nous avons estimé qu'il devait être suffisamment loin, nous sommes sortis de notre cachette et nous nous sommes mis à la recherche de Ayuko. Dans une clairière, nous avons aperçu un nouveau soldat. Nous nous sommes cachés immédiatement et, alors que l'on s'apprêtait à l'attaquer, il a marmonné et nous avons reconnu la voix d'Ayuko ! Il avait réussi à récupérer une tenue militaire, un talkie et un masque. Il utilisait le talkie pour espionner les soldats. Plutôt malin. Cela nous a permis d'entendre qu'ils avaient capturé un aviateur et que tous les soldats présents dans le coin nous recherchaient. On a réussi à éviter les patrouilles. On a même retrouvé le cuirassier qui s'était écrasé à proximité, en pleine forêt.
    Ayuko a réussi à se faire passer pour un soldat avec le talkie et à nous dégager le chemin et nous avons pu nous cacher dans l'épave juste avant la tombée de la nuit.. Nous avons retrouvé l'infirmerie et nous nous y sommes enfermés. J'ai voulu fouiller les tiroirs. Mal m'en a pris. Des insectes énormes avaient déjà commencé à s'y installer et l'un deux m'a littéralement sauté au visage quand j'en ai ouvert un. Heureusement que le masque que je portais toujours m'a protégé. Nous avons alors compris ce qu'étaient les bruits étranges que nous entendions sur la carlingue : les déplacements de dizaines d'insectes qui tentaient de s'infiltrer dans ce qui restait du cuirassier...
    Nous avons fait un repas rapide de conserves froides. Puis nous nous sommes installés de notre mieux, et Sheeta a commencé à nous raconter son histoire

6 juin 2022

Carte ?

 

source : https://pixabay.com/

Le capitaine nous jeta un regard de dépit. – Une carte ça ? Bon sang les gars, où est ce que vous avez encore été dégotté une merde pareille… – J'vous jure C'p'taine, protesta Hul, c't'une carte, vrai de vrai ! – Une carte pour la vieille bicoque de ta grand-mère oui, abruti. Qui est ce qui vous a pigeonné encore ? Va encore falloir qu'on rattrappe ça… Tu réalises la réputation que tu nous fait Hul, à moi et à tout l'équipage ? – Mais j'vous jure qu'c'est vrai ! Je l'sens ! C't'une carte codée ! – Une carte codée… tu m'en diras tant… Mais enfin regarde moi ça, ça ressemble à rien ton truc, Hul. Ca représente quel système hein ? Je sais même pas dire quel cadran de la galaxie je suis censé reconnaître ! Autour de nous, le reste de l'équipage ricana alors que mon compagnon d'infortune s'empourprait. Vrai que dit comme ça, on semblait s'être fait avoir comme des bleus. Pourtant, y avait eu un je-ne-sais-quoi dans le regard de la marchande qui m'avait aussi convaincu. Ou alors Hul déteignait sur moi… Je décidais de reculer prudemment d'un petit pas. On est jamais trop prudent, des fois que la connerie de Hul soit effectivement contagieuse, j'allais me mettre à l'éviter comme la peste. Malheureusement, mon mouvement ramena sur moi l'attention du Capitaine. – Et toi Yrth, tu pouvais pas l'empêcher de faire sa connerie ? T'as pourtant plus de jugeote que ça d'habitude… – Ben… C'est qu'il a pas entièrement tort, Capitaine. Ca ressemble fort à une carte, mais… illisible. Et sincèrement, j'ai pris soin qu'on ne donne pas nos vrais noms et de ne pas associer à cet achat le nom de l'Orchidée Pourpre… Et ça nous a couté moins que rien. Et je jurerai l'avoir déjà vu quelque part mais impossible de me rappeler où… A mes mots, le Capitaine se calma un peu. J'en profitais pour pousser un peu ma chance. 

– Écoutez, on l'a payé avec notre solde. Ca vous coutera rien et je prendrai sur mon temps de repos pour tenter de comprendre comment décoder ça. Vous n'aurez rien à perdre et tout à gagner. Qu'est ce que vous en dites Capitaine ?
– J'en dis mon garçon, que tu fais bien ce que tu veux de ton argent et de ton temps perso. Tant que ça empiète pas sur ton travail, je m'en fous. Allez les gars, on se remue ! On est censé décoller dans moins d'une heure ! Qu'est ce que ces caisses font encore sur le quai !

A ces mots, l'équipage s'éparpilla, chacun retournant à son poste, encore ricanant de notre mésaventure. Hul me fit un clin d'oeil et chuchota « Je compte sur toi gamin, je sens que c'est pas juste un vieux circuit moisi ce truc. » avant de filer lui aussi. Pensif, je glissais l'objet dans ma poche et allait à mon poste à mon tour.

30 mai 2022

La Cité des Îles (Inspiration visuelle 11)

source : https://www.deviantart.com/peterprime

 

 

La caracielle manœuvrait lentement entre les énormes blocs rocheux. Dame, c'est que les abords de la Cité des Îles étaient traitres ! Une seconde d'inattention et l'on risquait la collision avec l'un des ilots flottants qui constituaient ou entouraient la ville.
Il fallait compter au moins une heure encore, avant de pouvoir apponter sur l'île principale, selon les dires du contremaitre. La passagère n'avait aucune raison de remettre cet avis en question et décida de prendre son mal en patience en profitant de la vue depuis le pont arrière du bateau volant. De là où elle se trouvait, on apercevait nettement les affleurements de tornal, cet étrange minerai bleu capable de faire flotter ces gigantesques masses rocheuses en plein ciel.
L'île principale était offerte à la vue de quiconque se trouvait sur le pont. On voyait également les différents ponts végétaux tressés entre certaines des îles les plus importantes.
Accoudée au bastingage, l'étrangère observait les bâtiments. Elle devinait la basse-ville, où l'on trouvait les appontements marchands, les échoppes de nombreux artisans, les comptoirs des principales guildes. En haut de la falaise, elle apercevait l'université. Elle plissa les yeux dans une tentative de mieux distinguer les hautes tours blanches. Elle y serait d'ici trois heures, deux si elle avait de la chance. Elle retint une grimace à cette idée. La missive qui dormait dans la doublure de son veston n'allait certainement pas plaire au président de cette institution renommée. Non... ça n'allait pas lui plaire du tout. Elle y serait bien assez tôt à son goût. Et en attendant, autant admirer le paysage. C'était la première fois qu'elle venait et elle devait bien reconnaitre que la Cité des Îles ne volait pas sa réputation. Le spectacle était tout simplement à couper le souffle.

Tribut (inspi visuelle 10)

source : https://art.alphacoders.com/arts/view/88833

 

Je n'en pouvais plus. Mon souffle court formait de petits nuages devant mon visage alors qu'épuisé, j'observais mon objectif. Elle semblait si proche et pourtant si inaccessible encore, cette cité légendaire d'Arend. Arend la Blanche, Arend la gelée.
Dans le monde d'en bas, d'où je venais, on ne prononçait ce nom que dans des chuchotements nerveux. Même l'ivrogne le plus saoûl n'aurait oser murmurer ces deux syllabes. Quand les bardes en parlaient dans leurs chants ou leurs contes, c'était toujours de façon détournée.
L'on prétendait que dire ce nom, c'était s'attirer l'attention de la Femme Blanche, celle qui vole l'âme des vivants. La Reine Eternelle.
Tous les 10 ans, le royaume d'en bas, mon royaume, devait envoyer un tribut. Un jeune du pays, volontaire ou non, devait grimper là-haut. Aucun n'était jamais redescendu.
La légende raconte qu'un jour, le royaume a refusé de payer le tribut. La légende nous prévient que la colère de la Reine est terrible, dévastatrice.
Plus jamais le Royaume d'En Bas n'a osé tenter de se rebeller.
Cette année est l'année du tribut. Et c'est moi qui est été choisi.
Je reprends lentement mon souffle en contemplant le palais. Il parait presque irréel au milieu des nuages. Ma nouvelle maison. Je reprends mon chemin. Je dois arriver avant la nuit.