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19 févr. 2023

Pinson, Barde tieffeline

Ce texte est le background (ou historique) d'un personnage de jdr pour une campagne qu'on va bientôt commencer. Il s'agit d'une barde tieffeline pour la campagne (quelque peu remaniée par le MJ) "La malediction de Stradh". C'est la 1ere fois que je vais jouer à DnD et, si j'appréhende un peu les combats qui trainent en longueur, je suis curieuse quand même de découvrir cette campagne. Ca doit être le BG le plus long que j'ai écrit pour un perso pour le moment. Après c'est aussi parce que je transforme ça en exercice d'écriture et on peut très bien avoir un perso avec un BG de quelques lignes seulement hein. ;)

La jeune barde a grandi dans les ruelles sombres et malodorantes des bas-quartiers de Eaux-Profondes. Très vite elle a dû faire face aux insultes, crachats et quolibets qui sont trop souvent le lot quotidien de ceux de sa race. Elle a vite appris qu'elle ne pouvait compter que sur elle-même et que les autres n'étaient pas dignes de sa confiance. Elle a grandi ainsi, de rapines et diverses débrouillardises. Ses parents faisaient de leur mieux pour subvenir aux besoins de la famille et lui donner une éducation la plus honnête possible, mais peu de gens étaient près à donner 1 emploi correct à des tieffelins. Son père savait forger le métal et parvenait parfois à trouver un travail dans un atelier de forgeron, travail pour lequel il était toujours sous-payé. C'est lui qui lui a forgé et offert ses premiers bijoux, en laiton ou en cuivre. Sa mère vendait des petites pâtisseries contre quelques piécettes, dans les bas-quartiers. Les deux savaient se défendre en cas d'agression et avaient transmis cela à leurs enfants. L'enfant qu'elle était à l'époque avait appris à se servir de dagues et à ne jamais s'en séparer. Cela n'avait pas empêché qu'elle rentre régulièrement le visage tuméfié, les vêtements déchirés et sans ses maigres possessions que ses agresseurs s'étaient appropriés. Mais les années passant, elle s'était améliorée dans l'art de ne pas se faire remarquer et également dans celui fort utile de la fuite éperdue dans ces ruelles qu'elle connaissait désormais aussi bien que le fond de ses poches. 

Malheureusement, ses parents finirent par être accusés de vol par un  aristocrate un jour. Ils furent tous les deux arrêtés et emmenés par la milice. La jeune tieffeline n'eut que le temps d'obéir au dernier ordre de ses parents qui lui hurlèrent de fuir. Sa connaissance du réseau de ruelles lui permirent de semer les gardes. Elle ne revit plus jamais ses parents et elle ne sait pas ce qui est advenu d'eux. Elle revint prudemment à la maison le soir même et resta là, plusieurs heures, à attendre ses parents. 

L'enfant, épuisée, finit par s'endormir. Elle eut alors un rêve étrange. Une immense silhouette apparut dans son dos. Elle sentit deux larges mains, très chaudes, se poser sur ses épaules tandis que 2 gigantesques ailes de cuir rouge sang l'entourèrent, formant 1 étrange cocon protecteur autour d'elle. Elle n'avait jamais vu cet être mais, étrangement, elle avait la certitude qu'il s'agissait d'Asmodée, ce seigneur infernal contre lequel ses parents l'avaient plusieurs fois mise en garde. C'était à cause du pacte entre lui et un de ses ancêtres que sa famille avait cet aspect étrange.

Elle entendit 1 voix calme, apaisante, rassurante lui parler.

"Je peux t'aider tu sais, si tu le souhaites. Le veux-tu mon enfant ?"

Elle frissonna, subjuguée par la présence dans son dos. Elle avait envie d'accepter. Elle était seule. Elle avait froid, faim. Ses parents avaient été emmenés sans qu'elle en comprenne la raison. Elle avait juste l'intime conviction que cela était injuste. La tentation était grande. Elle sentait qu'avec un protecteur pareil, elle n'aurait plus autant à craindre les gens qui la prenaient pour cible. Et puis, tant qu'à être traitée comme une fille du diable, pourquoi ne pas en devenir réellement une ?

Mais dans sa tête résonnaient aussi les voix de ses parents. Elle les imaginait qui la regardaient. Elle entendait de nouveau les paroles chuchotées par sa mère maintes et maintes fois : "Les diables ont une voix de miel. Ils aiment à proposer des pactes aux mortels. Mais ne t'y fies pas. Ils te conduiront à ta perte. Regarde nous… Nous payons toujours la faute de notre ancêtre. Et de tous les archidiables, Asmodée est le plus dangereux, le plus séduisant. Ne l'écoute pas. Ne le crois pas. Surtout… ne l'écoute pas."

La parole de sa mère l'emporta sur la voix envoûtante du seigneur des 9 enfers. Elle s'entendit répondre, d'une petite voix tremblante "Je… merci mais… je vais me débrouiller. Ca ira."

Elle sentit la déception de la présence qui l'entourait. Mais il ne se fâcha pas. Elle entendit juste un murmure "Très bien. Dommage. Une autre fois, un autre jour peut être…"

Elle se réveilla en sursaut. Mais le souvenir de ce rêve étrange s'effilocha dans sa tête et s'effaça entièrement de sa mémoire.
Peu de temps après, elle entendit quelqu’un frapper à la porte. Elle n’osa pas bouger, mais la personne insista et la raison finit par se frayer un chemin dans l’esprit apeuré de la petite. La milice n’aurait pas frapper poliment comment ça, elle aurait défoncer la porte qui déjà ne tenait pratiquement plus dans son cadre. Prudemment, l’enfant rampa vers la fenêtre et regarda rapidement dehors. Elle aperçut une calèche en bois noble, attelé à un couple de chevaux noirs comme la nuit qui attendait dans la ruelle. Devant la maison, elle ne put entrevoir qu’une silhouette masculine, dans une tunique noire de très belle facture. Il avait des cheveux de jais, coupés court et la peau pâle. Dans le court instant où elle regarda à l’extérieur, il tourna la tête vers la fenêtre et leurs regards se croisèrent. Il l’avait vu. Il avait des yeux à la pupille rouge et elle eut l’impression qu’il avait vu jusqu’au tréfond de son âme. Paniquée, elle se réfugia tout au fond de la pièce principale, dans un coin d’ombre. Une voix l’interpella.
- Je sais que tu es là. Puis-je entrer ? Je ne te veux aucun mal, au contraire. 

L’enfant ferma les yeux et resta muette, espérant que l’inconnu se lasse et finisse par partir. Mais il ne partit pas. Au contraire, elle entendit la porte commencer à tourner en couinant, puis le fracas du panneau de bois qui s’effondrait au sol.
Elle rouvrit les yeux, le regard aux abois et réalisa avec horreur qu’elle s’était éloignée des fenêtres et qu’il lui serait difficile de fuir si besoin. Le souffle court, elle observait la silhouette qui se découpait dans l’encadrure de la porte. L’homme semblait considéré avec une légère surprise la porte, désormais inutile, au sol. Puis il tourna la tête vers l’enfant. Elle se sentit clouée sur place par ce regard rouge. Elle sentait qu’elle ne pourrait rien cacher à ces yeux de braises. Il lui sourit et reprit la parole, d’une voix douce.
- Je veux seulement t’aider, je t’en donne ma parole, petite.
Elle déglutit, puis la colère émergea et la poussa à répondre.
- Personne n’aide les tieffelins. Jamais…
- Certaines personnes si. Tu n’en as juste jamais rencontré avant moi. Mais je veux t’aider. Je peux… faire en sorte que ta vie s’améliore prochainement.
Elle eut un rire amer, désespéré.
- Vous pouvez… libérer mes parents ?
- Malheureusement non, cela est hors de ma portée. Mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas t’aider toi.
- Pourquoi vous voudriez m’aider ? J’ai pas confiance. Vous voulez quoi ?!?
Il eut un léger rire et elle le détesta pour cela.
- Juste… un service. Mais pas tout de suite. Quand tu seras plus grande, je te demanderai un service.
Elle fronça les sourcils, méfiante. Mais cette version lui semblait déjà plus plausible. Personne n’aide personne sans attendre quelque chose en échange. C’est ce que la vie lui avait appris.
- Quoi comme service ?
- Juste… gêner quelqu’un, s’en débarrasser si tu le peux.
Elle se ferma.
- Vous voulez que je fasse votre sale boulot à votre place, comme ça, c’est sur moi que ça retombera. Les tieffelins sont des coupables parfaits hein, même quand on a rien fait. Je veux pas. Je me débrouillerai.
L’homme soupira.
- Je ne t’oblige à rien. Et tu pourras te contenter de simplement le gêner. Ca me suffira.
- Je sais même pas qui c’est votre victime. Je vais pas accepter d’embêter quelqu’un d’inconnu qui a peut etre rien fait de mal… C'est pas parce que je suis une tieffeline que je suis prête à faire n'importe quoi, cracha-t-elle.
L’inconnu fouilla dans ses affaires. L’enfant se tendit, prête à se défendre et se battre pour sa survie. Mais il sortit simplement… une flûte. Une flûte magnifique, en bois précieux, réhaussée d’or et d’argent. Elle n’avait pas besoin de s’y connaître beaucoup pour réaliser que l’instrument valait cher, très cher. Plusieurs centaines de pièces d’or probablement.
-Si tu acceptes, cette flûte est à toi. Je la pose au sol d’accord ? Si tu la prends, c’est que tu acceptes mon marché, et je pourrais t’aider dans ces moments difficiles, petite. Mais je ne peux pas rester plus longtemps.
Et, sans plus de cérémonie, il posa la flûte précieuse au milieu de la pièce, avec délicatesse, avant de tourner les talons et de retourner à la calèche. Elle le regarda faire, éberluée, et remarqua seulement à ce moment là un détail étrange : la calèche n’avait pas de cocher. Elle reporta son regard vers la flûte, puis le releva vers l’entrée et eut un hoquet de surprise. Il n’y avait plus nulle trace de la calèche et de son étrange visiteur. Elle courut regarder dans la ruelle mais ne vit aucune trace du véhicule.
Elle remit comme elle put le panneau de bois qui était anciennement une porte et s’assit dans un coin, le regard fixé sur l’instrument. Elle resta là de nombreuses heures, à attendre le retour de ses parents, même si au fond,elle savait qu’ils ne reviendraient pas. Elle tourna autour de la flûte, hésitante. Elle n’aimait pas cet inconnu. Il semblait noble, comme la personne qui avait accusé injustement ses parents. Et elle n’aimait pas ce marché. Et puis, si elle prenait cette flûte, à tous les coups, on l’accuserait de l’avoir volé si qui que ce soit la voyait avec. Avec un frisson glacé, elle réalisa qu’elle ne pouvait pas laisser la flûte dans la maison. Si la milice revenait et la trouvait, c’était ses parents qu’on allait accuser de vols. Et ils seraient encore plus dans les ennuis. Elle ne pouvait pas permettre ça. Elle finit par prendre l’instrument précieux. Au même moment, elle sentit une étrange aura englobé sa main et vit une marque apparaitre sur le dos de celle-ci. Elle lâcha précipitamment la flûte mais un œil rouge finit de se dessiner sur sa peau malgré tout. Elle frotta sa main, dans une tentative d'effacer le dessin et jura tout bas en constatant que celui-ci n'était pas sur mais bien dans sa peau, comme 1 étrange tatouage. Le mal était fait, aussi elle reprit à nouveau l'instrument et l'examina. Il était splendide. Il allait sûrement lui attirer des ennuis. Elle le cacha sous sa tunique rapiécée.

Finalement, la faim et la peur la poussèrent à abandonner la masure désormais vide et froide. Elle partit en emportant qu'un peu de nourriture, les quelques piécettes qu'elle put trouver, un bracelet de laiton décoré de perles de verre colorées que son père avait offert à sa mère et la guimbarde qu'il lui avait fabriqué pour ses 5 ans. Et la flûte, soigneusement dissimulée sous ses vêtements.

Alors âgée de 8 ans, elle se retrouva à la rue, seule, sans ressources et traumatisée par les évènements. Elle en garda une haine farouche envers la noblesse et les puissants. Elle ne sut jamais le fin mot de l'histoire, mais elle était persuadée de l'innocence de ses parents. Elle eut l'occasion de remarquer que personne ne semblait voir la marque sur sa main, mais ca ne l'empêcha pas de continuer à porter des petites mitaines en laine par précaution. La petite apprit l'art de la débrouillardise. Elle mangeait rarement à sa faim et fut plusieurs fois malade d'avoir avalé de la nourriture avariée. Elle ameliora ses competences de voleuse car sa survie en dépendait. Elle évitait soigneusement le contact tant avec la milice qu'avec les différents groupes de voleurs de la ville. Elle n'avait confiance en personne. 

Elle aurait probablement mal tourné si, après plusieurs semaines, elle n'avait pas été remarquée par des gens aux ordres d'un mystérieux mécène. Ces derniers avaient alors approché celle qui ne s'appelait pas encore Pinson, avec une étrange proposition : leur employeur était prêt à lui offrir une éducation. Tout d'abord, elle s'était défiée d'une offre qui semblait bien trop belle pour être honnête. Le drame qui s'était abattu sur sa famille et la vie dans la rue l'avaient rendue extrêmement méfiante.  Les hommes avaient l'habitude de cette réaction et avaient ordre de ne pas brusquer les enfants choisis ou leur familles quand ils en avaient encore.. En effet, le vieux gnome qui les employait avait décidé d'utiliser sa fortune pour sortir des enfants de la rue, les soustrayant ainsi à un avenir sombre et leur donnant une chance inespérée pour une vie meilleure. Après pas mal d'hésitations, elle se dit qu'elle n'avait plus grand chose à perdre tout en se promettant de rester sur ses gardes. Au pire, elle s'enfuirait et elle aurait peut-être gagné quelques repas au passage. C'était probablement sa seule et unique opportunité pour éviter une vie miséreuse. Elle savait que même si l'offre était honnête, elle aurait à relever de nombreux obstacles dus au racisme et à la bigoterie des gens qui ne verraient toujours d'elle que sa peau rougeâtre marbrée d'argent, ses étranges yeux entièrement argentés et ses deux délicates cornes torsadées qui suivaient la courbe de son crâne avant de s'élever brusquement vers le ciel par dessus une chevelure de la même couleur que son regard.

Elle avait intégré très tôt, comme tous les tieffelins, que partout où elle irait, elle rencontrerait la méfiance et la peur, et que nombreux seraient ceux qui ne verraient en elle qu'une enfant du diable, coupable d'être la descendante d'un être ayant conclu un pacte avec Asmodée, seigneur des neuf enfers.

La jeune tieffelin avait commencé très jeune à aimer les chants et la musique. Elle trouvait le pouvoir des chansons, capable aussi bien de déclencher le rire que les larmes de l'auditoire, absolument fascinant.  Quand on lui demanda quel métier elle souhaitait apprendre, c'est donc tout naturellement qu'elle opta pour celui de barde. Elle ne rencontra jamais son bienfaiteur et ne sut pas son nom. Mais elle se retrouva en apprentissage auprès d'un vieux barde. Ce dernier, quelque peu revêche au début, prit rapidement en affection la jeune tieffeline à la curiosité insatiable. Il dut déployer des trésors de patience pour apprivoiser l'enfant qu'on lui confia. Cependant la perspective de pouvoir transmettre son art lui plaisait et il avait pitié de cette petite tieffeline que la vie n'avait pas épargnée malgré son jeune âge. Il remarqua très vite la fascination de la petite pour ses mélodies et l'observa discrètement tenter d'en reproduire maladroitement sur sa petite guimbarde. Petit à petit, en l'amadouant avec des propositions de tester ses instruments, de lui conter les légendes des grands héros de jadis, mais également en lui chantant des chansons aussi bien mélancoliques qu'humoristiques, il finit par réussir à rassurer la tieffeline et à s'assurer sa confiance. De là, il gagna sa loyauté absolue. Il était ému par cette enfant au regard dur, aux réflexes aiguisés et aux doigts agiles. Elle ne lui parla jamais de son passé, se renfermant dans sa coquille les rares fois où il tenta d'amener le sujet dans leurs conversations. Il connaissait suffisamment le monde pour avoir une idée sur ce qu'elle avait pu subir. Il se posait cependant des questions concernant cette étrange flûte qu'elle cachait à son arrivée. L'instrument était bien trop précieux pour être la propriété d'une fillette tirée de la rue. Mais Pinson refusa obstinément de répondre aux rares questions qu'il tenta de lui poser à ce propos.

 Il lui apprit l'art de la représentation, du chant, de la musique. Ayant perçu ses aptitudes, il l'initia également à l'art de mêler à ses mélodies la magie venant des échos des Mots de Création, selon la croyance des bardes. Il la prévint que tous les bardes ne savaient pas faire cela et d'user de ces dons avec prudence et sagesse. Auprès de lui, elle apprit le maniement de de la guimbarde, du tympanon et de différentes sortes de flûtes, ainsi que le chant, l'art de conter une légende en captivant son auditoire, comment lire un public et jouer avec ses émotions pour lui donner ce qu'il attend. Il lui apprit aussi la jonglerie, la danse et les acrobaties qui relèvent tout autant de l'art du spectacle. 

Avec lui, elle parcourut la côte des Épées et l'intérieur du continent, découvrit autant les grandes villes que des petits villages reculés. Il lui réapprit à rire et à savourer la vie. Il découvrit un peu trop tard que son apprentie était particulièrement douée pour espionner en douce des conversations qui se voulaient sans témoin. Elle l'avait suivi en cachette un jour où il avait un rendez-vous clandestin. Il n'en prit conscience qu'une fois arrivée à destination. Aussi douée que fut celle qui avait changé de nom pour celui de Pinson, elle n'avait aucune chance d'observer sans se faire prendre deux maîtres bardes. C'est ainsi qu'elle découvrit l'existence des Ménestrels, ces bardes qui ont pour objectif d'être la chanson de ceux qui n'ont pas de voix. Le combat que ces personnes de l'ombre avaient décidé de mener pour défendre les opprimés, les gens abandonnés de tous, enflamma le cœur de l'adolescente. Elle comprit mieux pourquoi son maître avait accepté de prendre une tieffeline perdue sous son aile. Et elle décida qu'elle voulait, à son tour, protéger ceux qui n'ont personne pour les aider. Elle prouverait ainsi que son ascendance n'avait pas d'effet sur sa morale. Et elle espérait pouvoir aider à éviter à d'autres les évènements tragiques qu'elle-même avait subi enfant. 

Elle dut supplier son maître pour pouvoir rentrer dans l'organisation. Mais à force de promesses, de paroles douces et surtout, en ne renonçant jamais à sa demande, il finit par accepter et elle devint une guetteuse des Ménestrels. Il la garda auprès de lui, lui apprenant toutes les ficelles du métier ainsi que les façons d'œuvrer pour les Ménestrels pendant 8 ans. Au bout de toutes ces années, il lui annonça qu'il n'avait plus rien à lui enseigner et que ce qui lui restait à apprendre, elle devrait le découvrir par elle-même. L'annonce fut un choc pour elle. Bien que fière d'avoir réussi son apprentissage, elle dut bien reconnaître qu'elle n'avait pas vraiment envie de quitter son maître et qu'il allait lui manquer. Mais sa propre vie l'attendait et il fallait désormais qu'elle vole de ses propres ailes. Elle s'en fut donc par les chemins et les routes de Faerûn et très vite, elle savoura la liberté de faire ses propres choix. Elle commença à écrire ses propres chansons. Elle se délecta de pouvoir découvrir le vaste monde, d'en apprendre chaque jour davantage sur ce qui l'entourait. Elle écoutait patiemment les contes et légendes que les anciens et anciennes qu'elle rencontrait acceptaient de lui narrer. Elle apprenait le plus possible de balades et chansons nouvelles. Elle aimait également découvrir des choses sur la nature et le monde qui l'entourait. Et, autant que possible, elle se tenait informer des décisions politiques, de la vie sociale, des rumeurs sur les puissants. 

Peu après son 18ème anniversaire, elle reçut une lettre. Bien qu'elle ne fut pas signée, elle reconnut l'œil présent sur sa main, qui figurait au dos de l'enveloppe. C'etait l'homme inconnu qui venait réclamer sa part du marché. Il lui enjoignait de se rendre dans 1 pays sombre, tenu d'une main de fer par un tyran notoire, un dénommé Stradh, connu également pour être un vampire. Et de… gêner ce dernier. Elle sourit et commença immédiatement à preparer son voyage vers les terres du vampire. Finalement, elle ne regrettait pas d'avoir conclu ce marché. 



Pinson est maintenant une barde de 18 ans. Si elle reste extrêmement méfiante sous son visage affable, quiconque sait gagner sa confiance trouve en elle une amie loyale. Elle méprise les puissants et leur tendance à vivre dans l'opulence quand d'autres personnes subissent la misère, la faim, les maladies. Ses paroles sont régulièrement moqueuses voire cyniques. Gare à qui s'attire son mépris car il court le risque de subir une pique qui le ridiculisera et fera rire tout le monde autour à ses dépends. Son maître l'a cependant mis en garde contre le fait de s'attirer le courroux des puissants, lui rappelant que les Ménestrels œuvrent dans l'ombre. Mais la rancœur qu'elle garde en elle depuis son enfance peut l'amener à se montrer imprudente à ce sujet et à prendre pour cible des gens qui risquent d'en prendre ombrage et chercher à lui faire payer ses mots acerbes. Elle fait montre d'une grande curiosité et aime découvrir chaque jour quelque chose de nouveau. Si elle reste plus à l'aise dans les grandes villes, elle apprécie également la campagne qui lui permet de renouer avec la nature qu'elle a découvert lors de son apprentissage. Elle a dernièrement sauvé une petite souris qu'elle a depuis apprivoisée et qui se cache le plus souvent dans une des poches de Pinson ou dans sa chemise. 

Elle garde de son enfance des rues d'avoir les doigts lestes et agiles et n'a pas de scrupules à délester nobles et riches bourgeois de leurs bourses ou objets de valeur mal surveillés. Elle met en revanche un point d'honneur à ne jamais voler à des gens modestes pour qui la moindre pièce compte. 

Même si son apparence marquée de tieffeline inquiète la plupart des gens, son regard pétillant et son sourire moqueur, allié à sa voix de velours et ses compétences de bardes lui permette régulièrement de charmer un auditoire et de rassurer aubergistes et tenanciers à qui elle propose de faire une prestation dans son établissement. 


28 déc. 2022

Te souviens tu des jours de joie ?

 Te souviens-tu des jours de joie ?

    Le hérault était venu. De sa voix de stentor, sur la place du village, il avait crié “PAIX ! PAIX ! LA PAIX !”

Te souviens-tu ? Les adultes étaient tombés dans les bras les uns des autres. Et ils riaient. Et ils pleuraient. Certains ont commencé à chanter. Toi et moi, on ne saisissait pas vraiment, du haut de notre enfance, ce que tout cela signifiait, l’importance de ce moment. Mais nous observions ces adultes qui, soudain, alors que nous ne les connaissions que grave, tristes, préoccupés, se mettaient à se comporter comme des enfants. Cachés sous un banc, nous avions regardé, écouté.
Te souviens-tu ? Nos mains s’étaient trouvées et nous nous sommes souri. Sur la place, des guirlandes commençaient déjà à décorer l’espace. La maire avait décrété un jour de fête. La fête a duré au moins une semaine. Sur la place, le vieux Michel avait sorti sa guitare, Lucia l’accompagnait avec le chant cristallin de sa petite flûte. Tous les adultes chantaient, dansaient, tapaient dans les mains. Un grand festin s’est improvisé, sur cette place, au milieu du village. Et tout le monde, petits et grands, a célébré la fin de cette guerre que nous ne comprenions pas.

Te souviens-tu des jours de joie ? Nous étions jeunes adolescents. La guerre était désormais loin derrière nous. Mais ta main était toujours dans la mienne. Nous passions notre temps à nous esquiver de chez nous, pour nous promener, tous les deux, à travers champs, à travers bois. Te souviens tu le jour où, cachés dans un buisson, nous avons surpris une biche et son faon boire à la mare ? Je m’en souviens. Je me souviens de tes yeux écarquillés d’émerveillement, de la chaleur de ton bras contre le mien, du bruit de ta respiration. Tu admirais la biche, et moi je t’admirais, toi.

Te souviens-tu ? Te souviens tu de ce jour d’été ? Devant le village assemblé, nous avons prononcé nos vœux. Mes jambes flageolaient et je n’en revenais pas de la chance que j’avais, de l’honneur que tu me faisais, de m’avoir choisi, moi. La place était parée de ses plus beaux fanions, mais je n’avais d’yeux que pour toi. Tu étais si belle, dans ta robe de dentelle bleue. Tu resplendissais, sous ta couronne de fleurs sauvage. Et tu riais, de ce rire dont jamais je ne me lasserai. C’était notre tour alors, de danser, de chanter et de rire, sur la place du village. Et tous les deux, nous avions eu un regard ému pour ce vieux banc, là-bas, dans un coin de la place. Ce vieux banc où nos mains désormais entrelacées s’étaient trouvées.

Te souviens-tu de cet été au ciel chargé d’orage ? Ton ventre arrondi tendait le tissu de ta chemise de lin. Bien à l’abri, tu tricotais de minuscules vêtements en fredonnant, pelotonnée dans le fauteuil à bascule dont ton frère nous avait fait cadeau. A tes pieds, un chaton jouait avec les franges du tapis avec des miaulements aigus qui se voulaient féroces. Moi, je continuais à t’admirer, émerveillé. Dans mon atelier, un berceau en merisier commençait à prendre forme. Nous vivions dans notre bulle alors, insouciants, certains d’un avenir radieux. Te souviens-tu ? Nous avons fait la sourde oreille aux rumeurs et aux discours des tristes sires de mauvaise augure. Notre enfant grandissait doucement. Le chaton était devenu un matou câlin et un inséparable compagnon de jeux pour elle. Souvent, nous les retrouvions tous les deux, endormis, lovés l’un contre l’autre. Nous les regardions, attendris, en nous demandant quand un autre enfant viendrait agrandir notre foyer.

Te souviens-tu ? Te souviens tu des temps de tempête, de l’annonce de la reprise de la guerre, et des soldats envoyés par tout le pays afin de mobiliser tout homme capable de tenir une arme entre ses mains ? Tes yeux alors ne reflétaient plus que l’inquiétude et l’angoisse. Ton rire s’était tû, remplacé par tes larmes. Je ne voulais pas de cette guerre. Je refusais de partir loin de vous deux, risquer ma vie en tuant de parfaits inconnus. Je refusais de devenir un pion, pris dans les engrenages d’un conflit pour les profits des puissants. Alors nous avons fui. Nous avons fermé la porte de notre petite maison isolée. Je me suis demandé alors si je reverrai un jour mon atelier, et toi, dans le fauteuil à bascule au coin du feu. Nous avons pris ce que nos dos pouvaient porter. Le chat, dans son panier fermé, protestait vigoureusement contre ce traitement qu’il ne comprenait pas. Notre fille pleurait, son doudou dans les bras. Elle non plus ne comprenait pas. Et nous sommes partis, sans nous retourner. Le cœur gros.

Te souviens-tu de la vallée ? Cette petite vallée isolée où nous avons trouvé refuge, au milieu d’autres gens, tout aussi perdus que nous. L’entraide, la camaraderie qui s’est naturellement installée entre tous ces gens qui avaient pratiquement tout perdu. Ensemble, nous avons bâti toute une petite communauté. Nous vivions en quasi autarcie. Quelques fois, certains et certaines partaient en “expédition” dans un autre village pour acheter ou troquer ce qui nous manquait. Nous avons reconstruit une nouvelle maison, un nouvel atelier. Il n’y avait pas de fauteuil à bascule près de la cheminée, mais un épais tapis qui faisait le plaisir du chat et de notre enfant. Nous avons réappris à rire et à chanter. Je crois que c’est là que nous avons compris la joie des adultes, lors de cette fameuse annonce, tant d’années auparavant. Notre enfant s’est faite de nouveaux camarades de jeux. Nous avons réinventé notre vie, ici, dans cette vallée, avec ces gens qui, comme nous, refusaient la guerre. Ton ventre est redevenu rond. Un nouvel enfant est venu agrandir ce nouveau foyer. Notre village a grandi, prospéré, dans cette vallée, tandis qu’à l’extérieur, le monde devenait fou. Les années ont passé. Nos enfants ont grandi. L’un est devenu parent à son tour, dans cette vallée que nous n’avons jamais quitté. L’autre est partie voir comment se portait le monde, revenant parfois encore dans la vallée par des chemins détournés.

Te souviens tu ? Dis, te souviens tu mon amour ? Aujourd’hui encore, nos deux mains s’étreignent, nos doigts s’enlacent. Mais ton regard est vide. Le temps t’a volé ta mémoire. Tu ne te souviens plus que par bribes, par instants. Ce n’est pas grave mon amour. Je me souviens pour toi. 



Petite nouvelle écrite dans le cadre d'un appel à texte. Je trouve que pour un format de texte sur lequel je suis vraiment pas au point, c'est un premier essai plutôt pas mal.

22 oct. 2022

De la terre aux nuages : Où l'on apprend à sauter en parachute

    Je ne sais pas combien de temps nous sommes rester enfermés dans cette cellule, au fond de ce cuirassé volant gigantesque. Mais à un moment, nous avons commencé à entendre des explosions à l'extérieur. Le cuirassé essuyait une attaque. De là où nous étions, impossible de savoir par qui, et à quel point nous étions en danger. Jusqu'à ce qu'une explosion ne détruise une partie de notre prison. Le souffle nous a repoussé tous les quatre à l'autre bout de la cellule. Mamoru s'est malheureusement retrouvé pris dans un tourbillon d'air brûlant qui l'a blessé à la jambe et au bras gauches. Mais notre cellule était désormais ouverte et c'était le chaos autour de nous, personne ne faisait attention à ce que notre groupe entreprenait. C'était notre chance de nous évader. A un détail près : nous étions à des centaines de mètres du sol. Il nous fallait un moyen pour sortir de là et de survivre. 
  
Ayuko a entendu le vrombissement de plusieurs moteurs d'avions et des bruits coups de feu, très nombreux. Nous avons réussi à nous faufiler par les couloirs et nous nous sommes abrités dans une pièce déserte. Il s'agissait de la pharmacie du cuirassé et j'en ai profité pour m'emparer d'une valise de matériel de soin. Vu l'état de Mamoru, si on survivait, cela nous serait indispensable. Lors de notre arrivée dans le cuirassé, Mamoru avait réussi à observer et se repérer dans les couloirs. Grâce à lui, nous avons fini par retrouver un hangar, vide de tout avion. A ce moment là, nous avons entendu un bruit aigu, assourdissant, qui se rapprochait. Nous avons juste eu le temps de nous planquer contre les murs avant qu'un avion militaire n'atterrisse en catastrophe, passant pas loin du crash. Mais il s'est arrêté avant d'enfoncer le mur. J'avais repéré des sacs de parachutes et des masques. Mais il nous fallait désormais contourner l'avion pour les atteindre. Le pilote devait etre en mauvais état car nous ne l'avons pas vu sortir. Ayuko a décidé d'aller voir l'avion pendant que nous récupérions les équipements.

    Par la porte ouverte du hangar, nous voyions que le cuirassé perdait de l'altitude, et bien trop vite ! En dessous de nous, on pouvait apercevoir la frondaison de la grande forêt qui envahissait petit à petit le Japon. Nous n'avions pas le temps d'hésiter, il fallait sauter. Nous avons mis les sacs de parachutes comme nous pouvions, resserrant les sangles et vérifiant les boucles. Nous avons échangé un regard, puis nous avons sauté, avant que le cuirassé ne soit trop bas pour que les parachutes ne nous soient d'une quelconque utilité. Je ne sais par quel miracle, nous avions tous mis correctement notre équipement et tous les parachutes se sont ouverts comme prévu. Par contre, balottés par les courants d'air, nous nous sommes éloignés les un de autres. J'ai eu de la chance et j'ai atterri sans trop de difficulté. Mais j'étais seule. Tant pis, il fallait prendre le risque. Tout en fourrant le parachute dans son sac, j'ai appelé mes compagnons et Sheeta. Seule cette dernière m'a répondu et j'ai pu la retrouver. Son parachute s'était coincé dans des branches. Heureusement, elle pendait, impuissante mais proche du sol et j'ai pu la libérer. Elle avait eu le temps d'apercevoir la direction dans laquelle les garçons semblaient partis pour atterrir aussi nous nous sommes mises en route à leur recherche. Nous avons retrouvé Mamoru, inconscient, après quelques minutes d'une marche difficile dans cette forêt étrange. Il était vraiment dans un sale état et nous n'avions pas eu le temps de soigner ses brûlures. Vu l'environnement dans lequel nous nous trouvions, j'avais peur que tout cela ne s'infecte. Heureusement, j'avais réussi à garder la valise volée dans l'infirmerie. Je n'y ai pas trouvé grand chose mais tout de même de l'alcool, des bandages et une paire de ciseaux ainsi que quelques comprimés d'antibiotiques. A court d'idée, je n'ai pas eu d'autre choix que de désinfecter ses blessures à l'alcool. Il a hurlé de douleur et a repris connaissance pendant que je finissais les bandages.
    Mais nous avions fait trop de bruits, et nous avons entendu quelqu'un arriver. Nous avons tout juste eu le temps de nous cacher dans des buissons avant qu'un soldat n'arrive dans la clairière, armé. Nous avons pu l'espionner tandis qu'il parlait avec ses supérieurs à l'aide d'un talkie. L'armée était à notre recherche. Ou plus exactement, à la recherche de Sheeta. Comment ce soldat a pu ne pas nous remarquer, avec le parachute de Mamoru qui pendouillait lamentablement des arbres, je ne me l'expliquerai jamais. Mais il a fini par repartir. Quand nous avons estimé qu'il devait être suffisamment loin, nous sommes sortis de notre cachette et nous nous sommes mis à la recherche de Ayuko. Dans une clairière, nous avons aperçu un nouveau soldat. Nous nous sommes cachés immédiatement et, alors que l'on s'apprêtait à l'attaquer, il a marmonné et nous avons reconnu la voix d'Ayuko ! Il avait réussi à récupérer une tenue militaire, un talkie et un masque. Il utilisait le talkie pour espionner les soldats. Plutôt malin. Cela nous a permis d'entendre qu'ils avaient capturé un aviateur et que tous les soldats présents dans le coin nous recherchaient. On a réussi à éviter les patrouilles. On a même retrouvé le cuirassier qui s'était écrasé à proximité, en pleine forêt.
    Ayuko a réussi à se faire passer pour un soldat avec le talkie et à nous dégager le chemin et nous avons pu nous cacher dans l'épave juste avant la tombée de la nuit.. Nous avons retrouvé l'infirmerie et nous nous y sommes enfermés. J'ai voulu fouiller les tiroirs. Mal m'en a pris. Des insectes énormes avaient déjà commencé à s'y installer et l'un deux m'a littéralement sauté au visage quand j'en ai ouvert un. Heureusement que le masque que je portais toujours m'a protégé. Nous avons alors compris ce qu'étaient les bruits étranges que nous entendions sur la carlingue : les déplacements de dizaines d'insectes qui tentaient de s'infiltrer dans ce qui restait du cuirassier...
    Nous avons fait un repas rapide de conserves froides. Puis nous nous sommes installés de notre mieux, et Sheeta a commencé à nous raconter son histoire

6 juin 2022

Carte ?

 

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Le capitaine nous jeta un regard de dépit. – Une carte ça ? Bon sang les gars, où est ce que vous avez encore été dégotté une merde pareille… – J'vous jure C'p'taine, protesta Hul, c't'une carte, vrai de vrai ! – Une carte pour la vieille bicoque de ta grand-mère oui, abruti. Qui est ce qui vous a pigeonné encore ? Va encore falloir qu'on rattrappe ça… Tu réalises la réputation que tu nous fait Hul, à moi et à tout l'équipage ? – Mais j'vous jure qu'c'est vrai ! Je l'sens ! C't'une carte codée ! – Une carte codée… tu m'en diras tant… Mais enfin regarde moi ça, ça ressemble à rien ton truc, Hul. Ca représente quel système hein ? Je sais même pas dire quel cadran de la galaxie je suis censé reconnaître ! Autour de nous, le reste de l'équipage ricana alors que mon compagnon d'infortune s'empourprait. Vrai que dit comme ça, on semblait s'être fait avoir comme des bleus. Pourtant, y avait eu un je-ne-sais-quoi dans le regard de la marchande qui m'avait aussi convaincu. Ou alors Hul déteignait sur moi… Je décidais de reculer prudemment d'un petit pas. On est jamais trop prudent, des fois que la connerie de Hul soit effectivement contagieuse, j'allais me mettre à l'éviter comme la peste. Malheureusement, mon mouvement ramena sur moi l'attention du Capitaine. – Et toi Yrth, tu pouvais pas l'empêcher de faire sa connerie ? T'as pourtant plus de jugeote que ça d'habitude… – Ben… C'est qu'il a pas entièrement tort, Capitaine. Ca ressemble fort à une carte, mais… illisible. Et sincèrement, j'ai pris soin qu'on ne donne pas nos vrais noms et de ne pas associer à cet achat le nom de l'Orchidée Pourpre… Et ça nous a couté moins que rien. Et je jurerai l'avoir déjà vu quelque part mais impossible de me rappeler où… A mes mots, le Capitaine se calma un peu. J'en profitais pour pousser un peu ma chance. 

– Écoutez, on l'a payé avec notre solde. Ca vous coutera rien et je prendrai sur mon temps de repos pour tenter de comprendre comment décoder ça. Vous n'aurez rien à perdre et tout à gagner. Qu'est ce que vous en dites Capitaine ?
– J'en dis mon garçon, que tu fais bien ce que tu veux de ton argent et de ton temps perso. Tant que ça empiète pas sur ton travail, je m'en fous. Allez les gars, on se remue ! On est censé décoller dans moins d'une heure ! Qu'est ce que ces caisses font encore sur le quai !

A ces mots, l'équipage s'éparpilla, chacun retournant à son poste, encore ricanant de notre mésaventure. Hul me fit un clin d'oeil et chuchota « Je compte sur toi gamin, je sens que c'est pas juste un vieux circuit moisi ce truc. » avant de filer lui aussi. Pensif, je glissais l'objet dans ma poche et allait à mon poste à mon tour.