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Ce petit coin du net se nourrit de vos commentaires. Merci de penser à lui et de me laisser une ou plusieurs bafouilles.

16 nov. 2024

Avandra (Character Design)

 Voici le background d'un nouveau personnage que je vais jouer en rp écrit dans l'univers de Pangée.

    Mon premier souvenir, c’est la route. La route qui s’ouvre et se déploie sous mes yeux. La route poussiéreuse, qui sent les fleurs et le soleil. Et les bras de ma mère, fermement enroulés autour de ma taille, forts, apaisants, rassurants. Moi qui rebondit sur ses genoux à chaque cahot du chemin, tandis qu’elle me maintient en sécurité, sur le banc de conduite du chariot. Et le rire de mon père, à côté de nous, les rênes de l’attelage dans les mains, ses yeux pétillants de malice et de joie d’être en route. Je ne dois pas avoir plus de trois ou quatre ans. Devant et derrière nous s’étire la modeste caravane à laquelle nous appartenons, petite troupe de saltimbanques.

Je suis alors trop jeune pour réaliser que les cris de joies qui nous accueillent partout où nous allons s’accompagnent de froncements de sourcils et d’une certaine méfiance envers les itinérants que nous sommes. Je mettrai du temps à comprendre ceci. Il me faudra parcourir bien des sentiers, sous le soleil et la pluie.
Mais j’ai fini par prendre conscience de ma différence. Si la plupart nous accueillaient avec joie, à l’idée d’un spectacle, certains fronçaient les sourcils en me voyant, soudainement méfiants. Mes parents, ma famille, mon clan, se dressaient en bouclier autour de moi, m’évitant, sans que je le sache, et autant qu'ils le pouvaient, d’être en butte aux insultes ou à pire.
Mais je voyais les mères, écarter leurs enfants, quand je m’avançais pour jouer, ou juste parler, sans comprendre pourquoi.
 
Un jour, un seul, cette surveillance a failli. Ma faute, vraiment. A sept ans, qu’est ce que l’on comprend à tout ça ; quand on grandit entourée de rires et de bienveillance, avec l’habitude de côtoyer des adultes indulgents. La surveillance continuelle m’agaçait. J’ai réussi à me faufiler et m’éclipser. Je voulais juste aller voir la course. Juste regarder. J’ai croisé la mauvaise route, pris le mauvais embranchement ce jour-là. Une leçon fut apprise, gravée dans ma chair sous la forme d’une longue cicatrice, serpentant de mon dos jusqu’à mon flanc droit.
Des gens plus charitables que les autres, qui s’excusaient presque de ne pas avoir pu faire plus, m’ont ramené à la caravane, à moitié assommée, tremblante de peur et de douleur, d’incompréhension aussi.
J’ai compris, réellement, ce jour-là, que mon apparence, à laquelle les miens n’accordaient aucune importance, était inhabituelle. J’ai appris qu’il me faudrait toujours rester prudente, que je ne devais accorder ma confiance qu’avec précaution.

Mais la blessure a guéri, et la route est si belle, le monde si plein de charme et empli de chants et de spectacles que nous offre la nature. Je refuse de me gâcher la vie parce que ma tête, surmontée de deux cornes torsadées, mes yeux noirs et comme emplis d’étoiles, ma peau bleue, si sombre comme un ciel nocturne, ne revient pas à certaines personnes bas du front.

On a découvert que j’avais certaines aptitudes et, bien qu’inquiets, les miens n’ont pas eu d’autres choix que de m’envoyer étudier au loin, à l’Akadama Vox, en Kar’Berial. Inquiets, mais fiers malgré tout. Là-bas, j’ai étudié, et étudié, et étudié encore. Je me suis fait quelques amis, Khezim, Barth, Isanya. Quelques inimitiées y sont nées également, certains ne supportant pas qu’une tieffeline ne les surpasse dans un domaine ou l’autre. Où que l’on aille, où que l’on soit, certaines personnes n’aiment pas les gens comme moi, ou même tout être un peu trop différent…
Ma famille, mon clan, ne manquait jamais de venir me voir quand la route les menait à proximité de l’Akadama. Et évidemment, toutes ces années, elle les y a menées bien plus souvent que la normale.

J’ai gardé mon esprit indépendant, rongeant mon frein, attendant, piaffant, et enfin, enfin le jour où j’ai reçu mon insigne, le jour où j’ai retrouvé ma liberté. Enfin, la route me tendait de nouveau les bras. Mes proches avaient compris avant moi que je ne repartirais pas à leurs côtés. Pas tout de suite. Avant cela, je dois faire mes propres découvertes, créer mes propres spectacles, trouver ma propre voie.
Je le dois. Pour mes proches, pour mes parents, pour Oncle Ark. Mais surtout pour lui montrer, à elle, qu’elle aurait pu faire un autre choix. Elle, qui m’a rejeté, choisissant sa famille malgré le mépris qu’ils me vouaient, elle qui se prétendait mon amie, mais m’a rejeté violemment, comme on met un jouet trop vieux au rebus.

Mais ils étaient là, tous, les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, des chants plein la gorge et des danses plein le corps. Ils étaient là pour mon envol.  Même elle, je crois avoir aperçu sa silhouette, au loin, que j'ai ignoré pour ne pas gâcher ma joie de voir la route s’ouvrir de nouveau devant moi.
Le monde est beau et il me tend les bras. Le ciel est vaste ; la route, infinie. Ma vie m’attend. Et je reviendrais un jour, lui montrer, leur montrer, que je suis plus que ce qu'ils pensent.


9 mai 2024

Hohrrhh (mercredi character design 50)


 (l'image était sur artstation mais le lien que j'avais est cassé et je ne retrouve plus le nom de l'artiste. :( )

Hohrrhh était fatigué. Et il commençait à en avoir franchement marre. Certes, les vivas de la foule à chacune de ses victoires dans l'arène, ce n'était pas déplaisant. Ça restait tout de même assez flatteur quoi. Mais bon… des combats, des combats, encore des combats… Le géant à la tresse rousse s'ennuyait. Rumhn, le gestionnaire de l'arène, se frottait les mains, lui. Hohrrhh était l'attraction vedette de la ville. Encore que dernièrement… ça se tassait un peu. Peut être que les gens se lassaient également de le voir vaincre à répétition. Hohrrh soupira. En plus, Rumhn n'était même pas fichu de prononcer correctement son prénom… chaque jour c'était pareil. Le géant grinçait des dents en l'entendant annoncer les combats avec un faux accent des montagnes noires. Le public n'y connaissait rien alors ça faisait illusion. Mais lui, Hohrrhh, véritable géant des montagnes, n'en pouvait plus de cet accent tonique placé au mauvais endroit, du h aspiré oublié et des r maladroitement roulés.

Depuis peu, il échangeait des nouvelles par lettres interposées avec une adorable grand-mère, Jacqueline. Il avait fait sa connaissance à la mercerie. Habituellement le géant se faisait livrer ses pelotes de laine chatoyantes anonymement (à la demande du Rumhn). Soit-disant qu'un combattant qui tricote ça ne fait pas sérieux… Mais franchement, c'était un loisir comme un autre et il ne pouvait pas passer tout son temps à fracasser des crânes et à briser des mâchoires enfin ! Déjà parce qu'il serait très vite arrivé à court d'adversaires… Et puis quoi, pourquoi il n'aurait pas eu le droit à une certaine sensibilité lui ? Parce qu'il était gladiateur ? Parce que c'était un géant ? Tout ça ce n'était que des préjugés stupides. Bref, il était tombé en rade de laine et avait dû en catastrophe aller au magasin. Et là il avait fait la connaissance de Jacqueline avec qui il s'était vite bien entendu.
Elle l'acceptait comme il était, sans jugement. Il aurait aimé parié sur le nombre de personnes dans le public qui le pensaient analphabète… Il se serait fait un joli pactole.

Hohrrhh rêvassa quelques minutes au petit cottage qu'il pourrait s'acheter s'il en avait les moyens. Un jour peut-être… Il imaginait une charmante bicoque toute en hauteur (Il fallait qu'il y soit à l'aise, du haut de ses 3 mètres 36), avec plein de fenêtres aux volets bleus et rouges, des jardinières pleines de plantes en fleurs, un petit sentier de gravier qui mènerait du chemin à l'entrée. À l'arrière, un grand potager et des prairies pour garder du bétail. C'est qu'on a besoin de bien manger quand on est un géant !
Il aurait bien aimé avoir un chat également. En plus, il s'agissait d'un animal utile pour éviter les souris. Hohrrh détestait les souris et autres petits rongeurs. Il aurait pu inviter Jacqueline à venir boire un thé dans d'adorables tasses de porcelaines décorées d'oiseaux ou de fleurs multicolores. Jacqueline le comprenait, elle ! Elle n'avait pas trouvé ça bizarre du tout qu'il tricote. Elle lui avait même déjà envoyé différents modèles de bonnets, mitaines et autres écharpes. Elle l'avait invité à venir chez elle mais il ne pouvait pas passer la porte sans défoncer le plafond. Cependant sa nouvelle amie n'avait pas été découragée pour si peu et ils avaient fini par s'installer dans le jardin, lui assis par terre et elle confortablement installée dans 1 chaise à bascule. Voilà ce qu'il faudrait qu'il ai dans sa maison : une chaise à bascule pour quand Jacqueline viendrait le voir. Et une bibliothèque ! Il adorait la poésie, surtout les poèmes centauriens de la deuxième moitié du treizième siècle. Il en avait toujours les larmes aux yeux. Mais Rhumhn se fichait bien de tout ça et même lui interdisait formellement d'en parler.
Il grommelait régulièrement "Un géant barbare lettré et poète…. J'pensais avoir tout vu dans ce métier mais celle-là… on me l'avait encore jamais faite ! Tu parles d'une blague… C'est pas sérieux tout ça, j'vous jure…" Hohrrhh avait été très vexé que Rhumhn ne soit pas plus content que ça de l'écharpe qu'il lui avait offerte. Ça lui avait quand même pris
trois mois pour la tricoter ! Quel ingrat ! Le géant sortit de sa rêverie. Son regard se fit plus ferme. Sa décision était prise. Il allait économiser autant que possible et dès qu'il aurait assez pour s'acheter sa maison et avoir encore après ça un pécule suffisant pour une petite vie confortable, à lui la retraite !

Il avait hâte d'annoncer sa nouvelle résolution à Jacqueline. Il était sûr qu'elle l'encouragerait.

19 mars 2024

Défi 10 nuances de couleurs

 Un nouveau petit texte (ça fait super longtemps) avec un défi proposé par un ami : écrire un texte comportant minimum 10 couleurs ou nuances de couleurs.
Le mien dépasse les 20 couleurs et nuances de couleurs. Défi relevé donc. ^^

Les portes s’ouvrirent, laissant la lumière inonder son visage. Ebloui, il fut forcé de plisser les paupières quelques secondes, avant de s’avancer dans le grand hall. La vision qui l’attendait était à couper le souffler. Les candélabres jetaient une lumière vive, dorée, légèrement vacillantes sur l’assemblée. Le parquet avait la couleur chaude du miel et resplendissait. Deux escaliers massifs de pierre grises sombres encadraient la pièce,leurs rambardes de marbre blanc, veiné d’un gris métallique leur donnaient une marque de noblesse et un épais tapis carmin atténuait le coté austère des marches de granit. Autour du nouvel arrivant, les silhouettes se pressaient vers la salle de danse, l’entrainant dans leur mouvement. Tout le monde était dans ses plus beaux atours. Lui-même avait revêtu un élégant costume châtaigne sur une élégante chemise beige ornée de délicates broderies. Ayant réussi à se saisir d’un verre sur le plateau d’un serviteur déambulant parmi les convives, il prit le temps d’admirer le spectacle. Au milieu de la piste, une petite dizaine de couples tournoyaient au rythme de l’orchestre installé à proximité. Des robes d’azur et de pourpre, de topaze et de cyan virevoltaient au ras du sol. Les femmes arboraient leurs plus beaux bijoux, collier d’améthyste d’un violet profond, boucles vert émeraude scintillantes, bracelets d’or et d’argent. Les hommes n’étaient pas en reste et, chacun à sa façon, se pavanaient comme autant de paon faisant la roue. Redingotes bleu nuit, grise ou même jaune paille pour le plus ambitieux, chaussures de cuir noire brillantes sous la lumière des bougies, ou marron plus sobre, et tous arboraient une touche de couleur : qui une lavallière rouge vif, qui un mouchoir d’un blanc étincelant qui dépassait d’une poche de poitrine, d’autres des bagues aux lourds rubis écarlates ou saphirs d’un bleu aussi profond que l’océan lui-même. Il eut un petit rire de gorge. La soirée s’annonçait délicieuse.

31 oct. 2023

31. Feu (Inktober 2023)

 

Mon regard se perd dans les flammes qui s'échappent de ce vieux conteneur métallique. Une épaisse fumée noire s'en dégage, décorée de quelques braises et étincelles virevoltantes. Je me laisse aller contre la vieille poutre piquetée de rouille dans mon dos. L'épuisement me gagne. A coté de moi, Jeff tisonne le feu, Pat prépare un rata avec ce qu'on a en stock. Ca sera probablement dégueulasse, comme d'habitude, comme tout ce qu'on peut manger dans ces foutues Terres Désolées... Mais ça nourrit, c'est tout ce qui compte. Son fusil à la main, Ann surveille les alentours tout en fredonnant une vieille mélodie de sa voix écorchées.
Je laisse ma tête basculer en arrière, contre la poutre, les paupières mi-closes.
Pour ce soir, nous sommes en sécurité. J'espère.

30. Cohue (Inktober 2023)


Ombeline suivait nerveusement son frère ainé, le seul qui lui restait. Cela faisait déjà plusieurs semaines que leur père les avait mis à la porte, sans un mot d'explication, rien. Le reste de la fratrie s'était éparpillé, elle ne savait pas où. Elle avait juste vu ses ainés partir, sans se retourner, les laissant, elle et Balgor, les deux plus jeunes, à leur sort. Son humeur s'assombrit en repensant à ces évènements. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait, un étrange mélange de tristesse, de colère et d'inquiétude. Elle espérait qu'ils allaient bien, même s'ils les avaient abandonnés eux aussi.
Il n'avait pas fallu longtemps aux deux jeunes enfants pour comprendre que, dans la rue, la loi du plus fort régnait. Les quelques provisions qu'ils avaient pu emporter n'avaient pas fait long feu et, assez rapidement, ils avaient du se rabattre sur un peu de chasse, de glanage, et de chapardage. Leur éducation leur avait au moins appris l'art de la débrouille. Depuis, les deux benjamins de la fratrie vagabondaient entre villes et villages, cherchant surtout à mettre de la distance entre eux et le fief de leur géniteur. Ils avaient atteint cette ville la veille au soir. Balgor avait déniché un coin de toit à peu près sec où ils avaient pu passer la nuit dans une relative sécurité.
Le bruit environnement la ramena au présent. Ils avaient atteint le marché et une foule immense s'y pressait déjà. Elle frémit, mal à l'aise. Elle avait un mauvais pressentiment et rechignait à suivre Balgor qui la tirait, la main refermée sur son poignet, entre les étals. La foule se referma sur eux. Elle sentait les regard méfiant des marchands sur eux. Deux gamins crasseux... Évidemment qu'ils craignaient des vols. Balgor se faufilait agilement entre les gens, la trainant toujours dans son sillage.
Soudain, une dispute se déclencha aux abords d'un présentoir. Les curieux se précipitèrent pour profiter du spectacle. Un mouvement de foule  s'engouffra entre les deux enfants. Ombeline sentit la main de son frère tenter de l'agripper désespérément, glisser et la lâcher. Entrainer par la cohue, elle hurla le prénom de son frère, entendit faiblement le sien en réponse mais la foule, comme un organisme vivant, se referma autour d'elle, la pressant, l'emportant toujours plus loin.
Seule, elle était seule, livrée à elle-même, terrifiée.

29 oct. 2023

29. Massive (Inktober 2023)


Sa silhouette se découpait, bien visible dans le ciel de fin d'après midi. Le soleil avait commencé à disparaitre sous l'horizon, colorant les nuages de nuances roses et oranges somptueuses. Elle s'ébranla, venant dans leur direction à grands pas, souplement. Son allure évoquait celle d'un lynx.
Ils s'étaient tous figés, interloqués par cette rencontre imprévue, ne sachant pas trop comment réagir. En quelques minutes elle fut devant eux.
Cette magnifique orque de 2m de haut, les cheveux tressés de lianes et de plumes, des vêtements de peaux tannées et parés de symboles nébuleux. Sa peau, du même vert tendre que des jeunes pousses, arborait également des tatouages dont la symbolique leur échappait, tracés à l'encre bleue.
Ses yeux, noirs, les regardaient durement, alors qu'elle les toisait, sa hache nonchalamment posée sur ses épaules, massive.

28 oct. 2023

28. Etincelles (Inktober 2023)

 

 

Il s'élance, prend appui et s'envole au dessus de la piste. Il tourbillonne dans les airs puis se réceptionne souplement dans un sourire éblouissant. D'une pirouette, il esquisse un salut envers l'assemblée avant de repartir dans une autre direction. Ses bras, ses mains, ses doigts tracent des arabesques qui effleurent les volutes de fumées proches de lui. 
Derrière, le son doux, joyeux d'un violon et les battements sourds d'un tambour rythment ses pas.
Ses pieds ne font qu'effleurer le sol, l'espace d'une seconde avant de l'entrainer dans un pétillement de mouvements faussement chaotiques.
La terre se couvre de traces : demi-cercles, points, traits droits, sinueux. Elle finit par paraître couvertes de runes mystérieuses. Dans un ample mouvement de bras, la tête renversée en arrière, le regard braqué vers les étoiles, il lance un appel silencieux et les marques sur le sol commencent à rayonner.
Petit à petit, des myriades d'étincelles en sortent et s'envolent vers les étoiles, se reflétant dans les yeux du danseur.

27 oct. 2023

27. Bête (Inktober 2023)


-Tout doux, tout va bien...

Je murmure doucement ces quelques mots, le plus calmement, sereinement possible. En face de moi, un fauve furieux me fait face. Il gronde et feule dans ma direction. Il est proche, si proche. Trop proche.
Lentement, très lentement, je déplace ma main jusqu'à la poser sur l'embout de ma flute, dont l'étui est accroché à ma ceinture. 

-Tout va bien, dis-je, toujours sur le même ton. Personne ne te fera de mal. 

Main gauche sur ma précieuse flûte, ma main droite esquisse une arabesque discrète et je sens la magie se couler dans mes mots, s'insinuer dans la bête devant moi. Elle feule encore une fois, secoue la tête comme gênée par un bourdonnement inaudible. Je souris et attends, immobile.
Le félin géant se tait désormais. Il se contente pour l'instant de m'observer, tranquillisé par la magie. Il commence à me renifler, encore un peu nerveux. Je ne bouge pas, continuant juste à parler doucement, pour continuer à l'apaiser.
Il finit par faire un premier pas, puis un autre, dans ma direction. J'esquisse un mouvement vers ma poche. Immédiatement, il se fige et me fixe, incertain, mais pas agressif. Toujours aussi prudemment, je sors d'une poche un morceau de viande séchée que je lui tends.

-Tiens, cadeau. C'est pour toi. Tu vois, je ne te veux pas de mal.

Je vois alors un fauve de deux mètres au garrot s'approcher jusqu'à me toucher. Son regard doré s'ancre dans le mien, semble me jauger, me juger. Enfin, je le sens totalement rassuré et il vient manger dans ma main. Ce n'est rien d'autre qu'une friandise pour un animal de cette taille. Mais il l'accepte volontiers. Une fois la viande engloutie, il tourne autour de moi, une fois, deux fois, avant de s'affaler à mes cotés.

26. Retirer (Inktober 2023)

Elle s'adossa au mur de planches, avant de se laisser glisser au sol, épuisée. 
Lentement, elle retira son casque avant de le lancer d'un geste rageur. Il valdingua à travers la pièce, et rebondit plusieurs fois au sol. 
Cachant sa tête dans ses mains tremblantes, couvertes de poussière et de sang, elle commença à sangloter, le corps secoué de spasmes. 
Elle rejeta brutalement la tête en arrière, poussant un hurlement de désespoir inhumain alors que ses poings martelaient le sol à côté d'elle.
Enfin, le plus gros de la crise finit par passer. Elle finit par ramener ses genoux contre elle, les entourant de ses bras. Elle se recroquevilla sur elle-même et resta là, à pleurer, seule, de longues minutes. 

25. Dangereux (Inktober 2023)

Je relève la tete. Des étoiles dansent devant mes yeux. 
Je souris avant de cracher 1 peu de sang dans la poussière devant moi.
Je me remets debout, me secoue pour reprendre mes esprits. Et je me plante, face à mon adversaire, incrédule. Il etait persuadé que je resterais sur le carreau après son dernier coup. Il m'a sous-estimé. 
Mes lèvres s'étirent, dénudant mes dents en un sourire carnassier. Une étincelle s'allume dans mon regard alors que je commence à tourner autour de l'homme devenu proie. Incertain, il dégaine à moitié son poignard. 
Je ne lui laisse pas le temps de finir son mouvement et me jette sur lui, dangereux... mortel.

24 oct. 2023

24. Superficiel (Inktober 2024)

 

 

Elle courait de toute ses forces. Le terrain s'abaissa légèrement et de l'eau se mit à gicler sous ses foulées. La sécurité, peut être. Derrière elle, elle entendait les aboiements des chiens. Les chasseurs les avaient lâchés. Elle savait qu'elle ne pourrait pas les distancer, mais peut être, dans l'eau du marécage, les molosses perdraient son odeur, sa trace. Il lui fallait un abri, un endroit où se cacher. Autour d'elle, des mottes de terre herbeuses affleuraient, ressortaient au dessus de l'eau peu profonde qui lui arrivait à mi-mollet.
Elle regarda de tout coté, affolée et aperçut enfin une petite butte, elle se précipita, le sol se déroba sous ses pieds et elle s'étala dans l'eau brunâtre, se releva dans un bond et fila se cacher, trempée, tremblante de froid et de peur, derrière cette cachette de fortune. Les aboiements étaient proches, si proches. Elle n'osait pas regarder là d'où elle venait. Immobile, recroquevillée sur elle-même, elle tentait de reprendre son souffle, serrant contre elle le petit couteau qu'elle avait pu dérober dans sa fuite.
Au dessus de l'eau du marais, les sons portaient loin. Elle entendit les chiens arriver et stopper leur course. Ils hésitaient à pénétrer dans l'eau et attendaient les chasseurs, aboyant et hurlant leur excitation et leur frustration à ne pas trouver leur proies. La piste se perdait dans l'odeur vaseuse du marais. Elle entendit le bruit de la troupe qui arrivait à son tour. Le renâclement des chevaux, les hennissements, le bruit de sabots écrasant la terre et la pierre. Elle osait à peine respirer.
Des jurons, des rires, certains pestaient d'avoir perdu sa trace. Leurs compagnons répliquèrent :

-Si elle est dans les marécages, elle est perdue. Inutile de la chercher, elle ne survivra pas à la nuit. le Bourbier se chargera d'elle. Autant rentrer, il commence à faire froid et jamais les bêtes n'accepteront de pénétrer dans ce piège. Elle est foutue.

Une voix forte retentit, s'adressant à la fugitive :

-EH ! T'ENTENDS CA, VERMINE ? T'ES FOUTUE ! AH AH AH AH AH !!!

Elle mit les mains sur sa bouche pour s'empêcher de faire le moindre bruit. Ils étaient proches, si proches. "Partez, partez, partez!" pensait-elle en boucle.

Après de longues minutes, la troupe fit volte-face et s'éloigna rapidement. Elle recommença à respirer un peu plus librement, toujours tremblante.
C'est alors qu'elle vit l'ombre, prèsd'elle, tandis qu'une voix murmurait, toute proche :

-Tiens tiens tiens... Mais qu'est ce que nous avons là ? Mhmmm ?

Elle se tourna brusquement et se retrouva nez à nez avec une vieille femme, des plumes dans les cheveux, des vêtements d'herbes et de feuilles tressées, des yeux verts pétillants de malice.

-Allons Petite, pas besoin d'avoir peur. Contrairement à ce qu'on raconte, je n'ai jamais mangé personne. Suis-moi, je pense que nous allons avoir une belle discussion toutes les deux.

La femme se tourna et, sans même vérifier que la jeune femme la suivait, elle se mit en route, s'enfonçant vers le cœur du marais.

23 oct. 2023

23. Céleste (Inktober 2023)

 

Le vent sifflait doucement, jouant dans la cape de l'enfant. La petite avait les yeux fixés vers le ciel. Sur la voute nocturne, une myriade d'étoile semblaient l'observer en scintillant. La lune, pleine, ronde, se cachait à demi dans des lambeaux de nuages.
L'enfant laissa tomber sa balle, alors que les voix résonnaient de nouveau dans son esprit. Elle avait l'impression qu'une multitude d'essences célestes l'appelaient, la poussaient à observer ainsi le firmament. Les voix étaient joyeuses, joueuses et murmuraient des secrets immémoriaux à la fillette. Elle était comme envoutée.
Sans réfléchir, instinctivement, elle répondit. Un rire, une parole dans une langue que pourtant nul ici ne parlait. Une lumière lunaire commença à rayonner délicatement autour d'elle. Des glyphes apparurent sur sa peau, ses cheveux devinrent d'un blanc translucide, ses yeux devinrent noirs, puis se remplir d'étincelles scintillantes.
Sans hésitation, obéissant à un signal qu'elle seule entendait, l'enfant se mit à marcher. Elle ne laissa derrière elle qu'une balle de tissu, abandonnée.

22. Râpeux (Inktober 2023)

 

Le feu crépitait doucement, bien sécurisé dans son cercle de pierres. Au dessus, une marmite laissait entendre le léger bouillonnement d'un ragoût en train de mijoter. Ark était paisiblement adossé à un arbre, en train de repriser une de ses chemises en fredonnant, tandis que Veyla glissait des branchettes bien sèches dans les braises. Nomi arriva derrière elle à pas feutrés. Les flammes projetaient des reflets dansant sur son pelage noir. Elle approcha doucement le museau du visage de Veyla, puis, d'un grand coup de langue rapeuse, entrepris de débarbouiller la jeune demi-elfe. Celle-ci éclata de rire, lâcha ses branchettes en étant attentive à ne pas déclencher un incendie, avant de ceinturer la panthère qu'elle entraina dans un pseudo combat. Le fauve, habitué à ces ébats, accepta le jeu avec plaisir. Derrière elle, Ark leva les yeux au ciel, faussement agacé. Son sourire et l'éclat amusé de son regard trahissait la tendresse qu'il éprouvait à voir sa compagne et le grand félin s'amuser ainsi.

21. Chaines (Inktober 2023)


Ses mains se refermèrent sur les maillons de la chaine qui l'entravait et la tenait attachée au mur derrière elle. Ses doigts craquèrent, les jointures blanchirent et elle donna un brusque coup sec. La chaine tînt bon. Les brigands en face d'elle éclatèrent de rire à sa tentative. Douce musique à ses oreilles que ces moqueries. Elle sentit la haine et la rage éclorent en elle. Elle les laissa pousser, grandir, tout en redonnant un coup brutal à ses attaches. Dans le mur, les épais anneaux tremblèrent, un peu de poussière tomba au sol. Elle vit du coin de l'oeil ses compagnons de route échanger un regard entendu. Loïc prit la parole, phlegmatique :
-Je serais vous, je nous libèrerais. Et vite.

L'hilarité de leurs ravisseurs redoubla. Elle redonna un coup. Elle savourait la colère qui l'envahissait, l'emplissait de force. Sa vue se brouilla, ses pupilles se rétrécirent. Dans un grondement sourd, elle s'abandonna à la rage. Brutalement, elle se jeta sur leurs adversaires. Les anneaux tenaient toujours, ce fut les pierres dans lesquelles ils étaient fixées qui cédèrent. 

En face d'elle, l'incrédulité avait remplacé les rires. Elle ne leur laissa pas le temps de saisir leurs armes, ni de donner l'alarme. Dans un rire dément, elle se précipita vers eux. A peine perçut-elle le "Trop tard..." railleur de Loïc dans son dos alors qu'elle commençait à attaquer, se servant des chaînes comme armes. Ce ne fut pas un combat, mais un massacre. Une fois tous ses ennemis tombés, elle se tourna brutalement vers le reste du groupe, toujours enchainé. Son regard restait fou, injecté de sang. 

-Tout doux ma belle, dit calmement Elda. C'est nous. Reviens.
-Tout va bien maintenant, continua Loïc, respire.

Les deux parlaient sereinement, d'une voix apaisante. Elle renifla l'air, tel un prédateur. Reconnut des odeurs amies. Elle resta immobile quelques secondes, le souffle court. Puis ses yeux redevinrent normaux, sa posture plus détendue. Elle regarda les cadavres derrière elle, comme si elle les découvrait.

-La prochaine fois, si tu veux vraiment leur laisser une chance, préviens les plus tôt, Loïc, déclara-t-elle tout en détachant ses alliés.

22 oct. 2023

20. Givre (Inktober 2023)


Les esprits, joyeux, se précipitaient pour répondre à l'appel. Sautant par dessus les vieux troncs renversés de la forêt, louvoyant entre les buissons, tous arrivaient vers la clairière, dans un tourbillon frais comme un vent hivernal. Ils laissaient dans leur sillage des trainées gelées. Heureux, ils voltigeaient pour rejoindre celui qui, enfin, les avait invoqués.

Planté au milieu de la clairière, dissimulé dans une grande cape dont le capuchon dissimulait la majorité de son visage, une silhouette attendait. A ses pieds, les herbes, le sol, s'étaient glacés. Les esprits commençaient à arriver et lui faire fête. Personne n'était là pour voir un doux sourire ourler ses lèvres.

Loin au sud, dans un bâtiment de pierre taillées, une femme releva la tête soudainement, alertée. L'inquiétude s'installa dans son regard alors qu'elle semblait écouter un chant inaudible. Elle laissa tomber le livre qu'elle portait et se mit à courir vers le couloir. Elle monta les escaliers quatre à quatre et arriva, pantelante devant une lourde porte de bois qu'elle ouvrit à la volée en s'écriant : 

-Il est revenu, il est de retour !

Un vieillard se tourna vers elle, serein face à la tempête qui venait de pénétrer dans son bureau.

-Calme-toi. Qui, exactement, est revenu ?
-Givre !

19 oct. 2023

19. Dodu (inktober 2023)


-Regarde-la avec ses petites joues rebondies !
-Et ses petites cuisses dodues !
-Et son petit bidon tout rond !
-Bon... Vous avez fini de vous extasier sur la dinde les mecs ? Elle a pas fini de cuire de toute façon... Sérieux, vous êtes creepy par moment j'vous jure...

18. Selle (Inktober 2023)

 

 

Le garçon se saisit vivement de la selle et la posa souplement sur le dos de la monture à coté de lui. L'animal renacla et fit un pas de coté. Il le calma d'un sifflement doux, avant de resserrer la sangle. Il s'assura d'une secousse que le tout était bien fixé et ne risquait pas de tourner. Enfin, il récompensa d'une caresse l'animal d'être resté calme et docile. Ce dernier, habitué à l'adolescent, lui flanqua un coup de nez dans le torse avant de renifler ses poches, espérant une friandise. Le jeune eut un petit rire amusé et tendit une branche de silfo à l'imposant taural. Il fut récompensé d'un coup de langue rugueux sur la joue. L'animal se saisit ensuite la branche, attentif à ne pas blesser le garçon de ses cornes, et commença à la machônner avec un ronflement de plaisir.

17 oct. 2023

17. Démon (Inktober 2023)


-Arrière ! Démon ! Démon ! RETOURNE DANS LES ENTRAILLES DES ENFERS !

Iel s'avança, un sourire sardonique aux lèvres. Le sang, chaud, poisseux, coulait le long de ses bras, de ses joues, dégouttait de ses doigts, semant une piste d'étoiles écarlates dans son sillage. Il s'approcha de sa proie. L'homme tremblait, reculait, la folie visible dans son regard. Il finit par trébucher sur un obstacle quelconque et se retrouva assis au sol, paniqué. Il hurla de nouveau, en brandissant un chapelet, la croix visible entre ses doigts.

-ENGEANCE DU DIABLE ! JE TE BANNIS DE CETTE TERRE !

Iel ne ralentit pas pour autant. Une fois devant le prêtre, il s'accroupit et plongea son regard ambré dans celui, dément, de l'homme affalé au sol. Il murmura dans un sourire carnassier :

-En réalité, mon nom est Ange.

16. Ange (Inktober 2023)


- Sans déconner, c'est vraiment ton nom ? Ange ? Sérieux ?
- Ouais.
- La vache...
- Ouais...
- C'est... particulier quand même.

Ange haussa les épaules, amusé.e. Après tout, même si c'était ses parents qui lui avait choisi ce prénom étrange, c'est ellui qui l'avait fait sien, après tant d'années à le rejeter.

- Pourtant... le prends pas mal hein... mais tu ressembles vraiment pas à un ange.
- Ah ah ! Qui sait. Si ça se trouve je suis vraiment une créature angélique, descendu du royaume céleste pour vous juger.
-Ah ah ah... Ca, ça serait dingue hein.
...
Tu... euh.. tu plaisantes hein ?
- Rassure toi, même si je porte ce nom, j'ai rien d'un ange.
- Oh... Euh... tant mieux alors, j'imagine ?

Ange lui adressa un sourire radieux, carnassier.

15 oct. 2023

15. Dague (Inktober 2023)

TW : Sang, blessure, mort.


 

Elle recula de trois pas précipitamment, le souffle court, le regard rivé sur la dague, sa poignée qui ressortait du torse de l'homme en face d'elle. Il la fixait, incrédule. Du sang commença à s'écouler à la commissure de ses lèvres alors qu'il était pris d'une faible quinte de toux. Il s'écroula doucement à ses pieds. Elle se sentait glacée. Les battements de son cœur martelaient ses oreilles. Son souffle se hachait. Sa vision devint trouble l'espace d'un instant.
Une partie de son esprit lui hurlait de partir, de fuir. Elle n'arrivait pas à détacher ses yeux du sang qui commençait à se répandre au sol. Dans un état second, elle s'accroupit à coté du corps. Le mort la fixait d'un regard vide et accusateur. Elle murmura "C'est ta faute." à son adresse tout en saisissant l'arme. Elle la dégagea d'un geste brusque. Par réflexe, elle essuya la lame sur un bout de tunique de sa victime.
Enfin, elle se releva, luttant contre la panique, et s'enfuit en courant, comme un petit animal traqué.