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8 avr. 2021

Sous ma plume : Rencontre irréelle

 Note : texte publié initialement sur Scribay, pour le défi "une étrange rencontre"

Je titubais sur le petit chemin de rocaille. Je me promenais entre les champs dans la douceur de cette nuit de juillet. Qu'est ce qui m'avait poussé à boire un peu plus que de raison ce soir? Impossible de m'en rappeller. Et au fond, peu importait. Levant les yeux vers le ciel nocturne, je me perdis dans une contemplation fascinée des étoiles. Les petits points lumineux semblaient clignoter dans le lointain. Je pris une profonde inspiration, tentative lamentable de reprendre un peu de contrôle sur mon esprit embrumé par l'alcool. Il me sembla percevoir une lumière anormale, en périphérie de ma vision. Intrigué, je tournais la tête. Oui, là-bas, à l'orée du petit bois, d'étranges arabesques lumineuses étaient visibles.

Le barde et la danseuse

 Note : texte initialement publié sur Scribay, en réponse au défi "le barde". Ombeline me manquait.

 

 

    Ombeline entra dans la salle commune de l'auberge, entourée de tous ses frères. Le visage dans l'ombre de son capuchon, elle épousseta machinalement sa cape de fourrure tout en observant l'endroit. Un large sourire lui vint aux lèvres en entendant la musique d'une petite harpe s'égrainer dans l'air et ses pas l’entrainèrent immédiatement en direction de son confrère.
C'était un grand gaillard, brun, d'assez fière allure. Sa voix avait un joli timbre grave, légèrement rocailleux. Il finit sa chanson en levant un sourcil interrogatif en direction de cette jeune adolescente qui s'était planté face à lui. Avec un sourire mutin, Ombeline rabattit son capuchon et lui adressa une révérence outrancière. Du coin de l’œil, elle vit que Barthélémius était en pleine conversation avec l'aubergiste, la pointant du doigt. Bien, il avait déjà commencé à négocier la nuitée et le repas.

Le barde avait remarqué la petite flûte dans son étui, pendue à la ceinture d'Ombeline. Il lui retourna un petit sourire de connivence, sortit sa propre flûte de son paquetage et l'interrogea du regard. Dans une envolée de tissu, la jeune fille déposa sa cape sur une chaise, à coté de Réginald qui s'était déjà installé non loin de là. Elle lui confia également son paquetage et, ainsi libérée, s'avança sur la zone dégagée devant le barde. Ses yeux étincelaient, elle semblait défier l'assemblée, majoritairement masculine. Elle portait une tenue masculine, faite d'un pantalon et d'une tunique de lin sur lequel elle avait rajouté un gilet ajusté qui soulignait ses formes. Avec précaution, elle noua une large bande de tissu rouge autour de ses hanches pendant que son confrère accordait son instrument.

Dans la pièce, le silence se faisait petit à petit. Ombeline marqua un tempo rapide du talon, que le barde reprit. La flûte lança soudain une musique aérienne et Ombeline commença à danser. Les yeux mi-clos, elle se laissait porter par la musique, appréciant l'habileté de son confrère. Son corps ondulait, vibrait, s'élançait sur la piste. Dans l'auberge, nul ne parlait. Tous étaient captivés par la scène qui s'offrait à eux. La jeune fille tournait, s'envolait, se balançait dans l'espace. La musique semblait entourer la danseuse, s'enrouler, rouler le long de ses bras, de ses jambes, de son torse.

Puis la musique s'éteignit doucement. Ombeline s'immobilisa sur une dernière torsion de buste avant de s'incliner devant le public qui applaudit avec enthousiasme. Elle éclata d'un petit rire en se relevant, légèrement essoufflée avant de se retourner vers le musicien. Il leva un regard interrogatif tout en reprenant sa harpe. Elle lui retourna un franc sourire et bientôt, la musique s'élevait à nouveau tandis que la jeune femme tournoyait de nouveau dans des mouvements envoûtants. 

La soirée s'écoula ainsi, entre danses, chants et acrobaties. L'auberge du petit village n'avait que rarement pareil spectacle et le mot avait rapidement circulé. L'auberge s'était remplie. Quand elle s'arrêta pour manger avec ses frères, Ombeline arborait une mine satisfaite et un éclat radieux éclairait ses pupilles. D'un large geste, elle invita le barde à se joindre à eux.

7 avr. 2021

Ovräm 6 : Nouvelle maison

 

Arn les conduisit jusque dans une immense cuisine. Il les installa à la grande table en bois qui trônait au milieu de la pièce. Un homme débonnaire les accosta, un plateau rempli de nourriture à la main.

- Aaaah, les nouveaux du jour ! Mais... ce ne sont que des mômes ! Je parie qu'ils ont faim ! Ils n'ont que la peau sur les os ! déclara-t-il en riant tout en déposant devant les enfants un assortiment de pain, de fromage et un pichet de lait frais.

Les deux enfants ne se firent pas prier pour manger. Ovräm regardait furtivement autour de lui tout en mâchonnant son repas. Il se sentait perdu, dans cet univers qu'il ne comprenait pas. Ce repas était l'un des meilleurs qu'il ait mangé depuis plusieurs semaines, les gens riaient, souriaient, semblaient heureux. Est-ce qu'Idda et lui étaient les seuls esclaves ici ? Ou bien ces gens s'étaient fait à leur sort ? Cela lui semblait impensable. Sombrement, il se promit de ne jamais renoncer à sa liberté. Le pain lui sembla prendre un goût de cendre et il ne put en avaler plus. À ces cotés, Idda finissait de picorer sa propre part. Dès qu'ils eurent fini Arn leur fit signe de le suivre et les emmena dans un dortoir où étaient installés une dizaine de paillasse. La pièce était propre, les couchages pourvu de draps semblaient confortables, surtout pour un enfant des rues. Ovräm suivit Arn, la main d'Idda logée dans la sienne. L'homme aperçut le regard incrédule du garçon.

Sous ma plume : Esclaves (Ovräm 5)

 

Après le départ de la cavalière, l'inconnu se tourna vers les deux enfants. Il les observa quelques secondes, détaillant leurs vêtements, leurs regards, leur maigreur. Il s'arrêta soudain sur le visage d'Ovräm. Avant que le garçon ait pu esquissé le moindre geste, l'homme était juste devant lui et lui saisissait le menton dans une large main calleuse. Doucement, il força Ovräm à tourner légèrement la tête, exposant le large hématome qui commençait à apparaître sur sa pommette et sa tempe.

-Qui t'a fait ça?, demanda l'homme tout en le lâchant.

Il avait une voix de basse, profonde, vibrante, presque grondante. Ajouté à sa stature, cela le rendait encore plus impressionnant, surtout aux yeux de deux enfants perdus et maltraités. Idda se crispa, regardant alternativement Ovräm et le grand homme devant eux. Son compagnon de son coté, se contenta de baisser la tête en serrant les dents. Il se refusait à répondre. Ses émotions se mélangeaient, mêlée de honte, de rage, de peur.