Voici le background d'un nouveau personnage que je vais jouer en rp écrit dans l'univers de Pangée.
Je suis alors trop jeune pour réaliser que les cris de joies qui nous accueillent partout où nous allons s’accompagnent de froncements de sourcils et d’une certaine méfiance envers les itinérants que nous sommes. Je mettrai du temps à comprendre ceci. Il me faudra parcourir bien des sentiers, sous le soleil et la pluie.
Mais j’ai fini par prendre conscience de ma différence. Si la plupart nous accueillaient avec joie, à l’idée d’un spectacle, certains fronçaient les sourcils en me voyant, soudainement méfiants. Mes parents, ma famille, mon clan, se dressaient en bouclier autour de moi, m’évitant, sans que je le sache, et autant qu'ils le pouvaient, d’être en butte aux insultes ou à pire. Mais je voyais les mères, écarter leurs enfants, quand je m’avançais pour jouer, ou juste parler, sans comprendre pourquoi.
Des gens plus charitables que les autres, qui s’excusaient presque de ne pas avoir pu faire plus, m’ont ramené à la caravane, à moitié assommée, tremblante de peur et de douleur, d’incompréhension aussi.
J’ai compris, réellement, ce jour-là, que mon apparence, à laquelle les miens n’accordaient aucune importance, était inhabituelle. J’ai appris qu’il me faudrait toujours rester prudente, que je ne devais accorder ma confiance qu’avec précaution.
Mais la blessure a guéri, et la route est si belle, le monde si plein de charme et empli de chants et de spectacles que nous offre la nature. Je refuse de me gâcher la vie parce que ma tête, surmontée de deux cornes torsadées, mes yeux noirs et comme emplis d’étoiles, ma peau bleue, si sombre comme un ciel nocturne, ne revient pas à certaines personnes bas du front.
On a découvert que j’avais certaines aptitudes et, bien qu’inquiets, les miens n’ont pas eu d’autres choix que de m’envoyer étudier au loin, à l’Akadama Vox, en Kar’Berial. Inquiets, mais fiers malgré tout. Là-bas, j’ai étudié, et étudié, et étudié encore. Je me suis fait quelques amis, Khezim, Barth, Isanya. Quelques inimitiées y sont nées également, certains ne supportant pas qu’une tieffeline ne les surpasse dans un domaine ou l’autre. Où que l’on aille, où que l’on soit, certaines personnes n’aiment pas les gens comme moi, ou même tout être un peu trop différent…
Ma famille, mon clan, ne manquait jamais de venir me voir quand la route les menait à proximité de l’Akadama. Et évidemment, toutes ces années, elle les y a menées bien plus souvent que la normale.
J’ai gardé mon esprit indépendant, rongeant mon frein, attendant, piaffant, et enfin, enfin le jour où j’ai reçu mon insigne, le jour où j’ai retrouvé ma liberté. Enfin, la route me tendait de nouveau les bras. Mes proches avaient compris avant moi que je ne repartirais pas à leurs côtés. Pas tout de suite. Avant cela, je dois faire mes propres découvertes, créer mes propres spectacles, trouver ma propre voie. Je le dois. Pour mes proches, pour mes parents, pour Oncle Ark. Mais surtout pour lui montrer, à elle, qu’elle aurait pu faire un autre choix. Elle, qui m’a rejeté, choisissant sa famille malgré le mépris qu’ils me vouaient, elle qui se prétendait mon amie, mais m’a rejeté violemment, comme on met un jouet trop vieux au rebus.
Mais ils étaient là, tous, les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres, des chants plein la gorge et des danses plein le corps. Ils étaient là pour mon envol. Même elle, je crois avoir aperçu sa silhouette, au loin, que j'ai ignoré pour ne pas gâcher ma joie de voir la route s’ouvrir de nouveau devant moi.
Le monde est beau et il me tend les bras. Le ciel est vaste ; la route, infinie. Ma vie m’attend. Et je reviendrais un jour, lui montrer, leur montrer, que je suis plus que ce qu'ils pensent.