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16 janv. 2016

Le jugement, la volonté de comprendre et... mes interrogations.

Si tu ne le sais pas, j'essaie, au maximum de mes possibilités, de ne pas juger les gens. En effet, je pars du principe que je ne connais qu'une facette, plus ou moins réduite, de leur vie, de qui illes sont.
De plus, je n'aime pas me sentir juger, surtout par des gens me connaissant peu ou pas ou mal.

Mais j'ai un réel problème avec les comportements que je ne comprends pas. Je n'arrive pas à ne pas essayer de comprendre. Et donc je dis régulièrement que je ne comprends pas tels ou tels comportements, ou discours, ou actes.
Dans ma tête, ça ne se veut pas jugement, juste un constat. Je ne comprends pas ces choix, ces actes et je VEUX, ou plutôt j'ai BESOIN de comprendre. C'est quelque chose de difficile à expliquer mais... c'est comme ça.

Enfin bref, ça c'était l'intro, pour expliquer le pourquoi du comment j'en suis arrivée à écrire cet article.

Ce soir, je me suis retrouvée à lire les tweets d'une nana, mère, féministe, parce qu'une copine avait retwitté un tweet que je trouvait intéressant et que je voulais donc voir le contexte du-dit tweet.

C'est peu dire que d'affirmer que sa vision de la maternité (son terme, moi je parle de parentalité pasque y a pas que les mères dans la vie hein.) est à l'opposé de la mienne.

Elle est capable, non seulement de frapper ses mômes, mais aussi de les mépriser ouvertement, de le leur dire, de leur dire "là t'es un gros connard gamin!". L'amour inconditionnel relève de la légende pour elle et le leit-motiv du discours était un peu à base de "y a suffisamment de gens qui me font chier dehors pour que je n'en supporte pas dans la maison."
En tout cas c'est ce que j'ai compris de son discours.

Évidemment j'ai trouvé le discours violent. Évidemment il n'y avait pas que ça, mais aussi des tas de réflexions intéressantes sur la place de la femme, de la mère dans la société, par rapport au père etc etc ; la pression de la société sur les mères, l'injonction à être parfaites, à se sacrifier pour ses enfants etc etc.
Mais c'était un peu noyé dans un flot de tweet qui fleuraient, dans ma façon de les comprendre, le "Les enfants c'est chiant, ça te pourrit la vie et je refuse de me sacrifier à l'autel de la maternité."

Ou en tout cas, ce fut ma compréhension, mon interprétation, de son discours.

L'avantage de Twitter c'est que c'est écrit. Que mon compte est cadenassé. (c'est mon jardin secret à moi.) Que j'ai donc pu exprimer mon incompréhension de ce discours sans que la nana le voit, donc sans risque de clash.
Et que j'ai donc pu réfléchir, tant au discours de la nana qu'à ma réaction à ce discours.

Dans mes réactions, j'ai essayé au max de ne pas juger. Et surtout, SURTOUT, toujours dire que mes réflexions ne reflètent qu'un avis personnel.
Mais pourtant, je jugeais. Dire qu'on n'est pas d'accord, quelque part, c'est dire que l'on trouve que l'autre se trompe.
Est ce qu'on peut exprimer un avis contraire sans jugement? Est ce que le jugement, parfois, vient, non pas de ce qu'on exprime mais de l'interprétation que l'autre a de ce qu'on dit?
Au maximum je dirais "je pense que tu as tort/que tu te trompes.", je ne veux pas dire "Tu as tort/Tu te trompes.".


Je ne veux pas juger cette personne. Je ressens de la peine pour elle. Dans ses écrits sur twitter, je perçois, dans MES interprétations, de la souffrance, de la douleur, un vécu tellement douloureux qu'elle est devenu violente par pur réflexe de défense. Quelqu'un qui aurait déjà tellement pris de coups, physiques et/ou psychologiques qu'elle montre désormais les crocs dès qu'on l'approche. Si tu veux pouvoir converser avec elle, TU dois lui prouver que tu es une personne safe. J'ai le sentiment que pour elle, les personnes inconnues sont, par défaut, des personnes non safe.
Et, quelque part, je comprends ce manque de confiance en l'autre. (et quand bien même je ne le comprendrais pas, je dois l'accepter.)

Je ne sais pas ce qu'a vécu cette femme. Et c'est bien pour cela que je n'ai absolument PAS LE DROIT de la juger. Si elle est comme ça, avec un discours aussi violent, qui m'évoque un loup acculé qui montre les crocs, ce n'est pas par hasard. Je suis persuadée que ça vient de son vécu.

Là où ça me rend triste c'est dans son discours envers les enfants, envers ses enfants. Parce que je trouve ce discours très négatif (jugement) très violent (jugement).
Mais je ne connais de sa vie que ce qu'elle montre sur twitter, une toute petite facette, probablement déformée. Peut être que twitter est un exutoire pour elle, peut être que son vécu est terrible, peut être que le père est une personne tellement non fiable, non safe, qu'envisager une garde partagée est impossible?
Je n'en sais rien. En conséquence, je n'ai AUCUN droit de la juger, elle, en tant que personne, en tant que femme, en tant que mère.

Je m'accorde juste le droit d'exprimer mes questions, mes interrogations, mes incompréhensions que ce que ses paroles font naître en moi.
Et ma volonté de chercher à comprendre, toujours, toujours, pourquoi mes semblables sont comme ils sont.

Et pourtant, moi, je n'aime pas quand je dois me justifier sans cesse. Alors c'est bizarre, ce besoin de comprendre qui doit sûrement me pousser à adopter un comportement que je n'apprécierais pas forcément de la part de quelqu'un vis à vis de moi...

Et toi, tu en penses quoi de tout ça?

Je suis un papillon, un petit papillon qui flotte

6 commentaires:

  1. J'en pense que juger, c'est humain. Le tout est de ne blesser personne et de ne pas entrer dans les polémiques. Et je n'aimerais pas être sa fille...

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    1. Oui, j'imagine que juger c'est humain. Je crois que dès que tu exprimes un point de vue tu juges ou ça peut être interprêté comme un jugement.
      Alors j'essaie de faire attention au choix des mots pour ne pas blesser. Bon régulièrement je me rate je crois. ^^'
      (et, de ce qu'elle dit sur twitter, de l'image qu'elle montre, j'aimerais pas non plus être son enfant.)

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  2. C'est humain de juger. Pour autant, c'est qqch que l'on peut travailler (en sophrologie notamment).

    Apprendre à mettre entre parenthèses ses à-priori et jugements, y a toute une réflexion philosophique à ce sujet (on parle d'epokhè). Tu peux regarder du côté de Husserl si ça te dit.
    Bises

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    1. dès que je retrouverai des neurones en état de fonctionnement. ^^'
      En fait, j'essaie toujours de me mettre à la place de l'autre, de comprendre son point de vue. Et je le fais tout le temps. ^^'

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  3. Comme dis Petit Diable, c'est humain de juger. Forcément, tu jugeras les personnes qui ne réagissent pas comme toi, voire diamétralement à l'opposé de toi.

    Je suis comme toi, j'essaie de ne pas juger mais quand c'est extrêmement loin de mes valeurs.

    En effet, je trouve ces propos très violents. Je n'aimerais pas être à la place de son enfant. Il y a une marge entre ne pas se laisser emmerder, tout sacrifier et traiter son gamin de connard !

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    1. voilà, ses propos m'interpellent, de par leur violence. Mais pê qu'au quotidien elle est pas vraiment comme ça. J'espère. ^^'

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