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10 juil. 2015

L'école ou l'apprentissage des échéances et des obligations de résultat...

Ré-édition, article originellement paru en février 2014

J'ai toujours aimé apprendre, j'ai toujours été curieuse. Mais force m'est de constater que très souvent, j'ai du mal, au bout d'un certain temps, à me mettre à mes révisions, mes exos etc, alors même que le sujet m'intéresse voire me passionne.

J'ai toujours trouvé ça bizarre. Moi qui suit capable d'avaler des romans pendant des heures d'affilée, quitte à me coucher à pas d'heure (au grand désespoir de mon amoureux qui constate l'avancée de mes cernes...) je n'arrive pas à me mettre au boulot spontanément pour des heures de révisions. Certes, la fatigue chronique n'aide pas. Mais quand même, ces études, je les ai choisies, ce concours me tient à cœur, alors pourquoi?



Et je crois que j'ai mis le doigt sur ce qui me pose problème : l'obligation. Ce choix volontaire finit par disparaitre au profit des obligations et des échéances :

Il faut être au point pour fin Avril, date des écrits.
Il faut rendre le rapport de stage fin de la semaine.
Il faut être compétent dès Septembre. (Euh, là les gars/les filles, vu la formation, ça va être très chaud... Tous les étudiant-e-s le disent...)
Etc, etc...

Ce plaisir d'apprendre, pour moi, est rongé par le stress des échéances et des obligations. Le système ne laisse pas le temps aux gens d'acquérir des compétences à leur rythme, mais impose un rythme (intenable souvent) à ces apprentissages.

Et, même si je ne pense pas avoir inventer le feu là, je me demande si ce n'est pas aussi un problème à l'école. L'enfant perd sa joie d'apprendre, jugé qu'il est par l'évaluation qui vérifie qu'à telle date, il SAIT. L'enfant se rend compte que le plus important pour le système, c'est de tenir la cadence, de réussir les éval'. L'apprentissage devient une obligation un devoir qu'il aurait vis à vis de la société au lieu de rester un plaisir de curiosité satisfaite?

Je ne sais pas trop comment mettre des mots sur cela. Mais ça me questionne vraiment beaucoup.

La pression est mise sur les profs aussi. Il FAUT que leurs élèves aient acquis telle ou telle compétences pour TELLE date. Sinon c'est qu'il sont mauvais/pas bien organisés/pas bien obéissants au système.

Un de nos profs nous disaient que la pédagogie de projet, qui construit des connaissances et non des savoirs, est à priori la plus efficace. (Bon, c'est son avis, tout le monde ne sera pas forcément d'accord.) Les élèves retiennent mieux, sont plus intéressés, quand il y a un but tangible derrière l'apprentissage qu'il dit. Non sans blague....
Et pourtant, on leur impose d'apprendre des choses qui, on le sait, ne leur serviront pas. (Franchement, connaitre la population moyenne et le PIB du Venezuela j'ai jamais compris l'intérêt...)

Mais pourtant, le prof est lié par son contrat avec l'état à appliquer des programmes dont la logique n'est pas forcément très évidente.

Alors se pose la question, (je trouve) de savoir ce qu'on veut leur apprendre à nos pitchouns, du but de l'école. Veut on en faire des adultes responsables, autonomes avec un esprit critique développés? Ou bien veut on forger de parfaits petits ouvriers, bien dociles envers le système de fonctionnement actuel de notre société?

Et moi je me demande comment je ferais, parfois, pour répondre à la fameuse question : "Mais Maitresse, ça sert à quoi d'apprendre ça?" parce que des fois, même moi je me poserai la question.

9 commentaires:

  1. >Franchement, connaitre la population moyenne et le PIB du Venezuela j'ai jamais compris l'intérêt...

    Déjà, en apprenant cela, tu auras entendu parler du Vénézuela. Tu ne le confondras pas avec le vuvuzela, par exemple. Si tu apprends son PIB mais celui des pays voisins et de ton pays, et des pays voisins de ton pays, tu sauras où placer le Vénézuela dans l'économie mondiale.
    Quand tu verras un titre du jour (http://www.courrierinternational.com/article/2014/02/19/entre-condamnations-et-soutiens-la-presse-divisee) sur ce pays, tu sauras si ce pays est proche de toi, ou pas. Sachant qu'en général, des pays dont tu dépends (au hasard, les USA) interviendront dans l'affaire.
    Et je ne parle même pas du fait que tu pourrais rencontrer un vénézuelien, vouloir y passer des vacances, ou vouloir y passer pour aller dans le pays voisin.

    Je suis partie de cette remarque pour parler un peu du contenu, des savoirs qui enrichissent. Tu pourrais n'apprendre que lire, compter, écrire à l'école, mais avoir un peu de culture générale n'est pas inutile à mon avis.

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    1. Oui, ok, ça fait de la culture G et c'est important. Mais savoir le PIB quasiment à l'euro près? Parce que je me souvient qu'on nous les faisant apprendre par coeur, sans nous expliquer l'intérêt. Un ordre de grandeur, une idée générale du truc suffit dans ce cas là je pense.
      Et on sait (je viens d'avoir un cours sur le sujet) que les élèves ont bien plus de mal à apprendre des choses quand ils n'en voient pas la finalité, le but.
      Ok pour développer leur culture G et leur esprit critique (et y a du boulot parfois) mais apprendre des PIB par coeur.... Je ne suis quand même pas convaincue. Il me semble plus intéressant de leur présenter le pays, ses richesses, ses pb, sans aller jusqu'à faire ingurgiter des colonnes de chiffres non?
      Mais bon, c'est peut être parce que j'ai jamais eu de facilité à retenir ce genre de choses.
      Enfin, leur demander de préparer un exposé comparant quelques pays amènerait aussi à développer leur culture G mais de façon plus ludique et plus efficace. (faudra que j'en parle avec mes profs tiens.)
      Merci de ton commentaire. :) C'est vrai que je n'avais quand même pas vu les choses comme tu les présentes.

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  2. Il faudrait que je revienne commenter quand j'aurais un peu de temps. ça me parle ++

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  3. Ce que tu dis fais écho à ce que je vois chez ma fille, 8 ans. Elle aime l'école, y apprend des choses qui l'intéressent beaucoup, et j'ai remarqué que ce sont surtout les matières appréhendées de façon plus ludique, plus générale, dont elle nous parle (genre les sciences, la géographique, qui sont présentées sur la base de TP si on peut dire). Par contre, effectivement l'évaluation la fait stresser. La dictée du vendredi lui donne des sueurs froides dès le lundi quand elle se rend compte qu'elle ne connait pas encore tous les mots de la liste. Et pourtant, nous ne lui mettons aucune pression, elle se la met toute seule ! D'ailleurs les notes ou assimilés sont là depuis la maternelle (sous forme de têtes de bonhommes) et déjà là, elle réagissait quand elle avait une "note" moins bonne. L'évaluation est omniprésente et c'est vraiment pesant et non constructif je trouve, vivement que d'autres méthodes arrivent en France aussi !

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    1. Je suis une grande enthoutiaste de l'apprentissage par le jeu. On retiens bien mieux quand on s'amuse, et on comprend mieux aussi, j'ai l'impression.
      Les notes je suis pas fan du tout. Je pense me rapprocher de l'ICEM pour avoir des billes en méthode Freisnet et affiliés (mais actualisé j'espère parce que ça date quand même.) et je regrette qu'on n'est pas plus d'heure sur le développement de l'enfant. Ils sont tous uniques, ont tous leurs rythmes d'évolution et d'apprentissages dc ne sont pas tous prêt pr certaines notions ou compétences au même moment, mais si on peut dégager des grandes lignes dans le développement cognitif de l'enfant.
      En tout cas mes cours sur le sujet sont passionnants.
      Faudra que j'en fasse un article VI un jour, mais mes notes de cours ne sont pas une base écrite suffisante. XD

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    2. Oh, et j'aime pas les bonhommes non plus. Ce qui m'a rassurer, c'est que pour le moment, les MAT que j'ai eu partageait mon avis. Donc c'est possible de faire autrement, mais plus difficile car c pas dans les habitudes. Et avec des classes chargées comme maintenant ça ne doit pas aider.

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  4. Peut-être que certaines connaissances qui nous paraissent inutiles peuvent ouvrir l'appétit des enfants, leur proposer différents horizons sans les fondre tous ds un moule à données uniques ? (Oui je suis optimiste :-) )

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    1. Qu'on leur donne accès à la connaissance et à une culture générale, je signe à deux mains, mais qu'on les juge sur leurs capacités à retenir des colonnes de chiffres ss forcément les remettre dans le contexte, ss leur faire dire quelque chose à tous ces nombres, par contre...
      ;)
      (mais sinon oui, ouvrons le plus largement possible les horizons de la connaissance des élèves. :) )

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