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14 sept. 2012

L'école, la morale laïque, le civisme?


Aujourd'hui, c'est vendredi, c'est donc intellos! Vous pouvez retrouvez ma contribution de la semaine ici.

Alors moi, déjà, j'ai du mal avec le mot "morale". Pour moi, il est trop connoté (ah bah le voilà, le mot que j'ai cherché 3 plombes en rédigeant pour les VI...) religieux. Je préfère parler de sens civique, de civisme...
En mon temps, j'ai eu des cours d'éducation civique. je trouvais ça bien, intéressant. Expliquer la politique, le fonctionnement de l'état, le droit de vote, tout ça, pour moi c'est important.

Cependant, le civisme, les valeurs, ça ne s'apprend pas à l'école. En tout cas, pas seulement. Parce que ce qui se passe à la maison, c'est important, encore plus je pense.

Mes parents m'ont toujours appris la politesse, aider les autres. Je n'ai jamais fait les scouts, n'empêche que si je vois une femme visiblement enceinte dans le bus, je laisse ma place. Pareil pour une personne âgée (paraît que c'est pas politiquement correct de dire une mamie.). Dans le deuxième cas, avec plus d'appréhension parce que certaines le prennent très mal...

Petites anecdotes : en classe de quatrième, on a fait un voyage scolaire en Allemagne. Je suis la SEULE à être revenue sans avoir rien volé, pas même un bonbon ou une carte postale, la seule sur toute une classe de 26-27 élèves de 14 ans.  Et après ça, certaines élèves s'offusquaient et traitaient les commerçants de racistes quand ils nous surveillaient de près dans les boutiques. En même temps, si tous les petits français en voyage scolaire se comportaient comme ça... (et puis c'est gonflé quand même, quand 2 jours plus tard, on se vante d'avoir piqué, genre, 2-3 cartes postales.)
Alors oui, voler 2-3 bonbons, ça ne va pas loin, mais ça reste un vol. Ça fait quand même peur de voir ça non?
Dans le même voyage, certains m'ont trouvé rabat-joie parce que j'étais choquée de les entendre juré dans une église. Je suis athée, mes parents aussi. N'empêche que JAMAIS je n'irai dire "bordel", "putain" et autre "nom de Dieu" dans un lieu de culte, quel qu’il soit.

Je ne pense pas être meilleure que les autres, mais manifestement, j'avais intégré certaines notions de limites et de respect des autres qui manquaient à certains de ma classe... Pour mes camarades de classe ce "n'était pas grave" c'était "rien". Comme dit Kamini, je crois malheureusement que dans beaucoup de cas "Dans la bouche des enfants, réside bien souvent la vérité des parents."

Mais il n'y a pas que les parents qui compte. Je me rappelle de la boulangère, qui m'a un jour, pousser à acheter des bonbons alors que je venais chercher le pain. Quand j'ai dit que je n'avais pas d'argent, elle m'a répondu "c'est pas grave, je vais mettre ça sur le compte.(on payait au mois) Je ne dirai rien à ta maman." J'avais 8 ans, je m'en rapelle encore. Manque de chance pour elle, non seulement, je n'ai pas cédé, mais en plus, j'en ai parlé à ma mère. (ben oui, pour moi, c'était mentir ET voler mes parents son idée, et donc c'était mal.)
Quand des adultes se comportent comme ça pour gagner 3francs 6 sous, quel sens des valeurs inculquent ils aux enfants?

Que voulez vous que des profs fassent, en 2 heure par mois et face à 30 élèves? De plus, remettre en question les valeurs transmises par les parents, c'est délicat quand même. Il faut donc faire avec les parents. (dans tous les sens du terme.)

De plus, du civisme, les profs en font déjà tous les jours, à chaque heure de cours. Apprendre à attendre son tour de parler, se taire pendant les explications, ne pas rire ni se moquer des questions des autres. Tout ça, c'est du civisme, qu'on pourrait aussi appeler "respect de l'autre".

Il y a aussi un truc à ne pas oublier. Le respect, à mon sens, n'est pas un dû. Il se mérite. Ainsi, si les élèves doivent commencer l'année avec un respect de leur enseignant, celui ci doit leur montrer qu'il en est digne aussi. (je vais pas me faire que des amis là... Juste pour info, je suis fille et nièce de prof. Et j'ai failli être sœur de prof.)
Le problème avec l'école aussi, c'est que les élèves ne voient que trop peu que c'est pour eux, que les profs bossent pour leurs élèves.

Je me rappelle mon prof de solfège qui avait coutume de nous dire "tu bosses pas? c'est ton problème, pas le mien. Moi, le solfège, je le connais. Si tu ne connais pas ta leçon, ça ne changera pas ma vie. N'oublies pas que c'est pour TOI que tu apprends. Pas pour moi." C'est peut être un peu brutal comme discours, mais ça remet les choses en place. Et puis, il ne nous culpabilisait pas, ne nous faisait pas la morale. Comme il l'avait dit, le cours était pour nous. C'est lui qui m'a le plus intéressé au solfège. Peut être parce qu'il me laissait le choix. J'avais la possibilité de ne pas bosser mon cours sans me faire engueuler. Mais après, fallait assumer les résultats aux examens. (Bon, j'étais pas au conservatoire mais dans une petite école de musique de campagne hein. ;) )

La majorité des profs aiment et sont passionnés par leur métier (vaut mieux vu l'état de l'éducation nationale et sa façon toute personnelle de prendre soin de ses ouailles...). Mais il y en a aussi qui pensent qu'ils ont le droit d'être odieux, parce que leur statut les y autorise. (et parfois parce qu'ils sont en plein burn-out et n'arrivent plus à gérer
Rien n'excuse la violence à l'encontre des profs, qu'elle soient verbale ou physique. Mais en contrepartie, un prof n'a absolument pas le droit de dénigrer un élève, de se moquer de lui et de ses difficultés. Qu'il lui secoue un peu les puces parce que "bon, là, ça fait 3 fois que tu viens sans ton cahier d'exercices Jason. En 3 cours...", ça ne me choque pas. On ne peut pas non plus accepter n'importe quel comportement en cours, surtout si il gêne les autres élèves, le cours ou qu'il est injurieux.
Mais qu'un prof traite un élève de bon à rien et qu'il lui prédise un avenir professionnel pourri, là par contre, non. Un tel comportement mérite sanction puisque le prof a, de fait, dans notre société, une position de "supérieur" à l'élève, et que dans ce cas, il en abuse.

En d'autres termes, tout le monde, parents, élèves, profs et surtout gouvernements doit se remettre en question. Certains le font déjà, mais malheureusement, ceux qui auraient le plus à gagner à se poser des questions ne le font pas... comme le plus souvent....

(il ne s'agit que de mon point de vue, évidemment. Et je ne prétends pas avoir la vérité suprême. Et toi, tu en penses quoi, de la "morale" à l'école?)