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27 janv. 2012

Je découvre Badinter

Image extraite du superbe film "Bébés"


De Badinter, je ne connais que ce qu'on en dis, je n'ai rien lu d'elle. Faut dire que ce qu'on a dit, dans les médias, sur "Le conflit" ne m'a pas du tout donné une bonne image de la dame...
D'autant que, si je me rappelle bien, j'étais enceinte lors de la sortie du "Conflit", tu penses si le sujet me touchais!
Quoi, une vieille qui vient me dire que l'allaitement, les couches lavables, c'est l'aliénation de la femme?!? Mais Fuck! Laisse moi faire ce que je veux avec mon gamin, lui mettre les couches que je veux sur les fesses et mes mamelons dans le bec pour le nourrir, aussi longtemps que je le voudrai et fais pas chier!
C'était, à peu près, mon état d'esprit à l'époque. (Oui, je suis passablement grossière par moment, faudra faire avec... ^^)

Depuis, je me dis que, avant de critiquer, ou, en tout cas, pour avoir une critique valable et constructive, ça serait bien de lire ce qu'elle a VRAIMENT écrit. (des fois que ça ait été un peu déformé par les médias...)

Bon, je n'ai pas commencé par "le conflit" (Il n'était pas à la bibliothèque communale, et puis faut pas trop en demander quand même) mais j'ai trouvé son livre "L'amour en plus". Qui parle de l'amour maternel du XVII au XXème siècle. Et je me suis lancée.

Pour le moment, je n'ai lu que les 10 premières pages (manque de temps, pis c'est le genre de bouquin qui réclame un minimum de neurones dispo, hors les miens, en ce moment....) (Comment ça, je dis ça souvent?!? XD)

Cependant, le début d'un livre, ça doit correctement te présenter la suite puisque c'est ce qui va faire que tu accroches ou pas. Bon, là, le sujet me semble intéressant et instructif.

Je dois avouer que, quand elle dis que non, l'instinct maternel, chez les humains, c'est pas forcément vrai, je suis d'accord. Oui, il y a des femmes qui n'aiment pas leurs enfants. Pour de multiples raisons possibles, que chacun aura à cœur de juger bonnes ou mauvaises.

Personnellement, je pense que, pour qu'un enfant soit aimé par sa mère (et son père), il ne faut pas qu'il arrive au mauvais moment. Parce que oui, y a des moments ou tu es prête à t'occuper d'un enfant, à faire des sacrifices pour lui (ne serait-ce qu'un peu de ta liberté individuelle.) et d'autre ou non, là, vraiment, c'est pas possible.
Parfois, un bébé s'invite et c'est la fête. On se dit "ah tiens, c'était pas prévu, ça nous fout en l'air tous nos plans mais ce n'est pas grave. Finalement, ce petit bout, on le veut, on l'attends, on l'aime déjà"
Et parfois pas...

Si c'est pour lui faire porter un poids trop lourd, lui dire après des phrases telle "À cause de toi, j'ai du renoncer à mes études, à mon job, à ma jeunesse" alors non, l'enfant ne sera pas accueilli dans l'amour. faut arrêter de se voiler la face. Si l'enfant est imposé à la femme par le poids des traditions, de la religion, de la société, mais qu'elle ne le perçoit que comme un fardeau, comment voulez vous qu'elle l'aime?

Badinter a aussi l'air de mettre systématiquement en conflit la femme et la mère. (Oui, je sais, elle en a même fait un bouquin. ;)  )
Là, j'ai plus de mal. (ça promet si je lis "Le conflit") Bien sûr, pour être mère, il faut être femme. Mais pourquoi voir automatiquement la maternité comme un danger pour la féminité. On peut très bien être les deux en même temps. D'ailleurs, ça ne concerne pas les mêmes personnes. Je suis mère avec mon fils, je suis femme avec mon mari. Ça me semble quand même bien évident. Ma maternité est une partie, et une partie seulement, de ma féminité.
Et oui, on peut décider de s'occuper à plein temps de ses enfants de manière volontaire et le vivre très bien, être très épanouie. (voir épanoui, pour les père au foyer qui choquent beaucoup notre société bien-pensante)
Évidemment, on n'est pas autonome financièrement, mais vous croyez vraiment que celui ou celle qui ramène le moins (ou pas du tout) d'argent au foyer est forcément soumis à l'autre? On a quand même (un tantinet) évolué hein! Je suis au chômage, ce n'est pas pour autant que Phil prend toutes les décisions importantes et que je ne lui signale pas quand je ne suis pas de son avis! (Oui, on est un couple très moderne! (^.^) )
Parce qu'en plus, elle présente le couple comme un combat permanent, un lutte pour le pouvoir. Alors, c'est peut être un scoop, mais euh... on peut très bien envisager le couple comme une relation de respect et de confiance où chacun est sur un pied d'égalité.
Oui je sais, ça va faire un choc à certains...


Je sens que si je me lance dans la lecture du "Conflit", je vais souvent grincer des dents. (^^)

Et j'ai aussi parlé de ce livre pour les Vendredis Intellos, de façon un peu différente (mais sans doute pas trop quand même).
C'est par ici!


4 commentaires:

  1. J'ai le conflit sur ma pile de livres à lire et je n'ai pas encore trouvé le courage de m'y attaquer... Ça promet aussi!!

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    1. Faut dire que vu ce qu'on en a entendu dire, ça ne donne pas forcément envie non plus... (^^')

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  2. "Je dois avouer que, quand elle dis que non, l'instinct maternel, chez les humains, c'est pas forcément vrai, je suis d'accord."

    Je ne sais pas, je suis sceptique. Il est quand même prouvé que lorsque tu mets au monde ton enfant un certain nombre d'hormones t'inonde et provoque un attachement. J'avais vu il y a quelques années un reportage sur un chercheur qui préconisait dans le cadre d'accouchement sous X que les mères voient leur enfant, car le premier regard de la mère sur son enfant enverraient ces fameuses hormones qui créent un lien. Et en effet le nombre d'abandon diminuait suite à ce premier contact.
    Quand j'ai accouché de mes trois enfants et que je les ai vu, je les ai trouvé magnifique et un immense sentiment d'amour, de protection m'a irradié.
    Il est aussi prouvé que l'accouchement (césarienne, forceps, hormones de synthèse...) peuvent venir perturbé cette sensible alchimie... Et puis il y a aussi notre état d'esprit, nos attentes, nos espoirs face à ce qu'être devenir mère.

    Badinter je n'ai pas lu ses livres et après l'avoir entendu s'exprimer sur son dernier ouvrage, à mon avis plus médiatique qu'autre chose, cela ne m'a pas donné grandement envie. C'était une grande figure du féminisme, mais je pense que comme l'avait bien expliqué Maya dans son article sur l'allaitement le féminisme de Badinter, féminisme égalitariste, (c'est pourquoi elle met en conflit constamment la femme et la mère) est peut-être dépassé. Les femmes veulent assumer leur féminité, leur maternité. Pourquoi vouloir être l'égal des hommes, n'est-ce pas rejeter notre nature, ce que nous sommes ? Je pense qu'il serait bien plus intelligent au contraire de revendiquer notre différence, car elle est notre force.

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    1. Je ne sais pas, "l'instinct maternel", chez les humains, j'ai des doutes. Par exemple, on ne sait pas, instinctivement, les soins à donner à son bébé. (y a qu'à voir le nombre de livres, d'émissions médiatiques etc sur le sujet. ^^)
      Pour ce qui est de l'amour, je reste persuadé qu'une femme qui s'impose un bébé, alors qu'elle le voit et le vit comme un fardeau, un boulet, aura du mal à l'aimer comme moi j'aime mon fils.
      Je n'ai pas vu le documentaire dont tu parles mais ça a l'air intéressant. va falloir que je regarde si il ne traîne pas sur le net.

      Pour les hormones, c'est sûr qu'elles doivent jouer. Mais je pense que l'humain intellectualise tellement que le contexte hormonal peut être étouffé par cela. (ce qui n'est pas un bien d'ailleurs. On devrait apprendre à plus s'écouter)

      Pour Badinter, je suis entièrement d'accord avec toi, ce n'est pas une insulte de dire qu'une femme n'est aps un homme. On peut très bien être leurs égales d'un point de vue juridique, intellectuel et autre. Mais il faut reconnaitre que la morphologie, la biochimie, d'un homme et d'une femme n'ont rien à voir.
      Il faut aussi qu'on arrête de considérer le maternage comme une déchéance. Parce que les parents au foyer (mère ou père, même si ceux si sont plus rares) sont encore trop considérés comme des "non-valeurs" économiques. c'est peut être là le problème, on gère tout par rapport à l'économie à l'heure actuelle. On est en plein dans le règne du "l'argent fait le bonheur et montre la réussite des gens"...

      Moi, je suis plus pour le "travailler un peu moins, gagner un peu moins, et être beaucoup plus heureux." ^^ (bon après, on est d'accord, faut quand même un minimum de sous. L'argent ne fait pas le bonheur, mais ça aide quand même)

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